Le roman de Nina Simone

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Nina Simone en 1967.
Nina Simone en 1967. — SUNSHINE INTERNATIONAL / SIPA

Dimanche, cela fera dix ans que la grande Nina est morte. Cela n'a pas échappé à Gilles Leroy, qui la célèbre aujourd'hui dans un roman. Après s'être penché sur le destin de Zelda Fitzgerald, dans Alabama Song, prix Goncourt en 2007, et de Zola Jackson en 2010, Leroy s'attaque au mythe Nina. «J'ai voulu savoir qui elle était quand j'ai lu cette anecdote à son sujet. Le jour de son premier récital, à 11 ans, à Tryon en Caroline du Nord, où régnait la ségrégation, elle a menacé de ne pas jouer lorsqu'un couple de Blancs a voulu déloger ses parents assis au premier rang.»

Un destin contrarié


Une force de caractère qui a inspiré Gilles Leroy, qui situe son roman dans les années 1990, à la fin de la vie de Miss Simone, passée dans le sud de la France. Nina est colérique, alcoolique, endettée, malade et entourée d'agents qui l'escroquent. L'auteur invente le personnage de Ricardo, son homme de ménage philippin, à qui elle va se confier. «Il me fallait ce regard innocent, le même que celui du lecteur, pour que Nina puisse raconter sa vie dans un grand flash-back», explique Leroy. Une existence faite de souffrance et de solitude. Un destin contrarié, surtout. «Sa vie repose sur un malentendu. C'était une vedette planétaire mais elle, elle a toujours regretté de ne pas avoir été la première concertiste classique noire.» Reste une immense artiste, toujours aussi adulée et qu'on a plaisir à redécouvrir. Sarah Gandillot