De L'IRA au polar

Propos recueillis par Hubert Artus

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Ancien proche de l'IRA et ex-braqueur, Sam Millar est passé à l'écriture.
Ancien proche de l'IRA et ex-braqueur, Sam Millar est passé à l'écriture. — corey millar

Ancien proche de l'IRA, puis braqueur de banques, il fut condamné et détenu à plusieurs reprises entre 1975 et 1990. Sam Millar, toujours aussi enragé, sort un polar autobiographique On the Brinks.

Comment avez-vous atterri à la prison de Long Kesh ?

J'y ai été détenu comme prisonnier politique. Les Britanniques prétendaient que je voulais renverser l'Empire. J'avais alors 17 ans, et ils m'ont mis en prison pendant trois ans. Moins d'une année après ma sortie, j'ai été une fois de plus mis devant un juge militaire. On m'a collé dix ans, pour possession d'explosifs et tentative de renverser le gouvernement. Je n'ai jamais eu d'explosifs… Mais ils me craignaient comme un militant et un combattant irlandais. Ils voulaient me voir en prison aussi longtemps que possible.

Quel fut le déclic pour écrire

On the Brinks

?

Un jour, quand j'étais enfermé dans un pénitencier américain, j'ai décidé d'écrire un journal intime sur mon enfance afin de m'éloigner de toute la folie de la prison. Le journal est devenu ce mémoire, On the Brinks. L'écriture fut douloureuse et cathartique.

Les obsèques de Margaret Thatcher ont lieu ce jeudi. Que représentait-elle pour vous ?

Pour moi, c'était un criminel de guerre qui est morte dans son lit et a échappé à la justice ! Elle est responsable des meurtres de jeunes Irlandais, en particulier les grévistes de la faim. Mais aussi d'avoir ordonné de sang-froid de couler le navire argentin Belgrano durant la guerre des Malouines. Elle est responsable d'avoir détruit la vie de gens ordinaires, des mineurs et des ouvriers anglais, écossais, gallois. Les suicides de jeunes ont atteint un niveau sans précédent sous son «régime», qui ne fut que misère et désespoir pour la classe ouvrière. Je ne vais pas pleurer sur son décès.