A la croisée de la street dance et du cirque, le festival Hautes Tensions

Joël Métreau

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"Motherland" par le Serial Stepperz Quartet.
"Motherland" par le Serial Stepperz Quartet. — DR

Le cirque et la danse hip hop ? Deux milieux a priori pas faits pour se rencontrer, mais que le festival Hautes Tensions réunit pour une troisième fois, à la Villette, à Paris. «Ce sont deux disciplines qui sont des axes majeurs de la programmation de la Villette depuis longtemps, assure Raffaella Benanti, programmatrice du festival. C’est aussi l’envie de susciter la curiosité chez des publics différents,  car les disciplines ont des points communs, par la relation au corps et le désir de pousser plus loin ses limites physiques.»

Les deux coups de cœur de la programmatrice ? Les artistes de la Subliminati Corporation, un cirque basé à Toulouse, qui évoque dans son spectacle des réalités politiques et sociales. «C’est un peu dur et rentre-dedans par moments, par leur description de la violence, ces artistes le font avec un humour et un et belle qualité corporelle circassienne.» Côté hip-hop, Raffaella Benanti pointe  «Borderline / un altre món», le projet de Sébastien Ramirez. Le B-Boy et chorégraphe y interroge les lois de la gravité.

Pour la danse hip-hop, on suggère «Motherland» Il s’agit d’une création du Serial Stepperz Quartet. Donc quatre danseurs issus du collectif Serial Stepperz. Et Trente minutes sur des sons de la chanteuse Rokia Troaré comme de Boddhi Satva. «Il s’agit de puiser dans nos racines africaines et caraïbéennes, explique Ousmane «Babson» Sy, directeur artistique de cette pièce. Montrer à travers la danse ce qu’elles nous ont apportées et faire ressentir aussi par la musique une évolution, des sonorités djembés à la musique house.»

Le Festival Hautes Tensions accueillera aussi de la magie, par le mentaliste Thierry Collet. «Est-ce qu’un spectacle de magie rentre dans les arts du cirque ? Il y a débat,  s’interroge Raffaella Benanti . En tout cas, ce spectacle intelligent et drôle évoque comment on peut être manipulé dans notre société.» Sans artifices ni illusions, une compétition d’art du déplacement qu’on désigne plus souvent le nom de parkour ou de free running sera accueilli en plein air et en accès libre. Quatorze traceurs concourront sur un parcours en boucle avec figures et obstacles, sous l’œil d’un jury dans lequel figure Malik Diouf, un des fondateurs des Yamakasi.