Tété, chanteur au bout du conte

©2006 20 minutes

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Il était une fois des rongeurs du nord du Canada appelés lemmings. Lorsqu'ils migraient vers la mer, des milliers d'entre eux mouraient en tombant du haut des falaises. Accident ? Suicide ? Folie collective ? Nul ne le sait... Voici la légende qui a inspiré au chanteur Tété le titre et les chansons de son troisième album intitulé Le Sacre des lemmings et autres contes de la lisière. Un recueil de chansons contées où l'artiste parle de la condition humaine. « Les lemmings symbolisent les individus qui par manque de discernement ont des comportements qui peuvent nuire au groupe, explique Tété. Ça renvoie à plein de choses comme l'altérité dans les rapports humains. » Le conte offre ainsi au chanteur plus de liberté dans l'écriture « mais aussi un regard distancié, confie-t-il. Mes chansons sont comme des chroniques, quand j'évoque le racisme et la mondialisation, je fais des constats mais je ne stigmatise personne. »

Entre un superbe « fado yiddish » (A flanc de certitude), un morceau de blues country (Caroline Oh Yeah Hey), une prière aux accents gospel (Feuillets au vent) et un « chant révolutionnaire » façon Carmagnole (La Relance), Tété métisse son folk sans le dénaturer et laisse la mélancolie traverser ses fables. « Sans faire de misérabilisme, moi je suis un immigré. J'ai toujours cette sensation de n'être jamais ma place, en même temps il y a quelque chose de très lumineux là-dedans, une espèce d'ivresse. C'est aussi pour ça que j'aime le blues et la musique klezmer, elles portent une mélancolie que je trouve jolie, c'est comme une nostalgie qui paradoxalement me tient chaud au coeur. »

Ingrid Pohu

Sa six cordes bien en main, Tété s'apprête à repartir sur les routes de France pour défendre son nouvel album. Il sera notamment le 16-10 à Strasbourg, le 20-10 à Tourcoing, le 13-11 à Beauvais, le 20-11 à Montpellier, le 21-11 à Bordeaux, le 1-12 à Marseille, le 5-12 à Villeurbanne et le 13-12 à Paris (Olympia).