«J'adore avoir peur au cinéma»

Caroline Vié

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" Il est rare qu'on me propose d'être la tête d'affiche. "
" Il est rare qu'on me propose d'être la tête d'affiche. " — C. PIZZELLO/AP/SIPA

 

Kathy Bates, oscarisée en 1991 pour Misery, est l'invitée d'honneur, jusqu'à dimanche, du Festival international du film policier de Beaune. Grande amatrice de thrillers, la comédienne est tout heureuse de voir des films tout en dégustant les vins.

 

Qu'attendez-vous d'un film policier ?

 

De la surprise. J'adore avoir peur quand il n'y a aucun danger et frissonner au cinéma est l'une des meilleures façons de ressentir ce genre de choses. J'ai un gros faible pour Psychose d'Hitchcock et pour Rosemary's Baby de Polanski.

 

Votre métier d'actrice vous surprend-il encore ?

 

Absolument. Quand j'ai rencontré Ryan Murphy, le créateur de la série télévisée «American Horror Story» et qu'il m'a parlé de son projet, j'ai senti renaître la petite fille qui sommeille en moi. Je suis toujours en quête de cette excitation enfantine.

 

Est-ce pour cela que vous avez accepté de jouer une avocate dans la série «Harry's Law» (France 2) ?

J'avais envie de savoir ce que cela faisait de tenir un rôle principal sur plusieurs épisodes de suite. Je suis considérée comme un second rôle. Il est rare qu'on me propose d'être la tête d'affiche.

 

L'oscar pourMisery n'a pas changé la donne ?

 

Le film m'a permis de me faire connaître, puis de tourner

Dolores Claiborne (1995) que je considère comme ma meilleure performance à ce jour. J'ai longtemps craint de me trouver cantonnée dans des rôles de psychopathe. J'ai même voulu arrêter de faire l'actrice pour me consacrer à l'écriture.

 

La télévision a-t-elle changé votre carrière ?

Très certainement ! Le fait d'avoir réalisé plusieurs épisodes de «Six Feet Under» m'a fait grandir comme metteur en scène et comme actrice. On m'y laissait une grande liberté surtout pour les séquences d'ouverture. J'étais même consultée pour le montage, ce qui est très rare aux Etats-Unis.

Comment se passe votre hommage à Beaune ?

 

C'est que du plaisir ! Avant de venir, je m'étais renseignée pour savoir à quoi ressemblait la ville sur Wikipedia. On se croirait dans un conte de fées.