Joel Meyerowitz en fait voirde toutes les couleurs

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Florida 1967. Meyerowitz hésitait encore entre couleur et noir et blanc.
Florida 1967. Meyerowitz hésitait encore entre couleur et noir et blanc. — )J.Meyerowitz

Joel Meyerowitz est entré dans l'histoire en étant le seul photographe admis sur le site de Ground Zero à New York, juste après les attentats du 11-Septembre. Mais c'est aussi un photographe à qui il a fallu de l'audace pour abandonner, dans les années 1960, le noble noir et blanc au profit de la couleur, jugée alors terriblement vulgaire. Surtout pour la photo de rue, un de ses terrains de prédilection. Son parcours, retracé jusqu'au 7 avril à la Maison européenne de la photographie, à Paris, fait prendre conscience de ce point de bascule délicat. Les diptyques réalisés en 1967 en Floride, notamment, montrent une même scène shootée en noir et blanc d'un côté et en couleurs de l'autre. C'est après ce travail qu'il choisit son camp. Comme Stephen Shore ou William Eggelston, il se met à préférer le monde en couleurs, plus net, et à la palette plus vaste. Une palette qui s'illustre à merveille dans une image prise à New York par un mois de juillet torride. «Je sentais le soleil dans mon dos, se souvient ce septuagénaire, l'Empire State Bulding devenait doré, quand est entrée dans le cadre cette danseuse qui s'est arrêtée à l'angle, j'ignore pourquoi. C'était sa robe verte contre ce mur orange.» Avec Meyerowitz, la rue retrouvait des couleurs. Léa Chauvel-Lévy