Pour Henning Mankell, «Georges Simenon était un maestro»

INTERVIEW L'auteur de polars suédois Henning Mankell était l'un des invités vedettes du festival Quais du Polar...

Caroline Girardon

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Henning Mankell, écriain de polar suédois, à Lyon, le 28 mars 2013.
Henning Mankell, écriain de polar suédois, à Lyon, le 28 mars 2013. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Même s’il vit désormais à Antibes depuis trois ans, le Suédois Henning Mankell limite ses apparitions en public. Considéré comme l’un des maîtres du polar nordique, le père de l'inspecteur Wallander était à Lyon, le week-end dernier. Invité vedette du festival Quais du Polar qui a rassemblé plus de 60 000 visiteurs en quatre jours, il  a accordé à 20 Minutes l’une de ses précieuses interviews.

Pourquoi cette année vous avez accepté de venir à Quais du Polar?

Mon éditrice et mon agente m’ont dit que je n’étais pas venu en France depuis un certain temps et que ce festival du polar était un événement important. Je voudrais ajouter que ce qui m’intéresse beaucoup c’est ce fameux musée de l’imprimerie à Lyon que Lyon, et que j’espérais avoir le temps de le visiter en venant ici.

Parlons de vos livres qui sont très appréciés en France. Quelle est votre source d’inspiration?

Cela peut être quelque chose que j’entends, que je lis ou dont je rêve. L’inspiration vient de partout. Mais il faut aussi que ça m’interpelle, que j’ai envie de me poser des questions comme «pourquoi ça arrive?» Et puisque je rajouterai quelque chose de très important:  je veux écrire les livres que j’ai envie de lire.

Dans vos livres, il y a une part de psychologique très importante comparée aux polars américains. Pourquoi?

J’essaie de travailler selon une tradition très ancienne qui remonte aux tragédiens grecs. Prenez l’exemple de Médée. Cette femme tue ses deux enfants pour se venger de son mari, par jalousie. Vous avez là un crime qui s’est passé il y a plus de 2.000 ans. Le miroir du crime est un bon moyen de montrer toutes les contradictions de la société.

Les lecteurs ont l’habitude de dire que Kurt Wallander [personnage principal de ses enquêtes] est votre alter ego. En quoi êtes- vous différents?

Presque tout est différents (sourire). Nous avons seulement trois choses en commun: nous aimons l’opéra italien, nous travaillons beaucoup et nous avons le même âge. Je ne suis pas sûr que nous aurions été amis. Je pense que par exemple, je me nourris mieux que lui et que je traite les femmes d’une meilleure manière (sourire). Enfin j’espère [en français]…

Connaissez-vous des auteurs de polars français et qu’en pensez-vous?

Je n’ai pas lu beaucoup de nouveaux auteurs de polars français. Mais je dois dire que je suis un fervent admirateur de Simenon et de son commissaire Maigret. Je pense même qu’il est un des maestros dans ce domaine.

Quels sont vos futurs projets?

Vous savez, j’ai toujours pleins de projets. Je suis toujours en train d’écrire un nouveau roman. Mais quand j’écris quelque chose, je n’aime pas en parler car ça peut tuer l’inspiration (rires). Je suis aussi en train d’écrire un scénario  de film mais je ne peux pas en dire plus.

Allez-vous sortir une enquête se déroulant au Mozambique [pays où il vit six mois de l’année]?

C’est possible [en français]. J’ai déjà écrit deux livres sur le Mozambique dont un qui va sortir à l’automne et qui s’appelle «Souvenirs d’un ange souillé». Ca ne sera pas une enquête mais j’ai d’autres idées sur la question.