RKK, le Rémy do Brasil

©2006 20 minutes

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Son nom est devenu un label : RKK. Rémy Kolpa Kopoul est un « homme pont » entre les oreilles françaises et les musiques du Brésil. Son métier : écouter des disques, repérer ce qui sort de l'ordinaire. Ses trésors, il les a compilés pour un album savoureux où la samba et la bossa se frottent au drum'n'bass, au dub, au funk... Figure et voix éraillée historiques de Radio Nova, RKK aime la musique brésilienne depuis longtemps, « quelque chose après Jésus-Christ », et promène ses bretelles et sa bouille de Tortue Géniale (le vieux maître dans Dragon Ball) dans le milieu musical depuis le début des années 1970. « Des exilés politiques d'Amérique du Sud débarquaient en France. Coup de pot, ils avaient amené leur musique. » En 1977, il entreprend un premier voyage au Brésil. Il en ramène les derniers disques de légende – Gilberto Gil, Caetono Veloso, Tom Zé...– qu'il fera connaître, en tant que journaliste à Libération, puis tourner un peu partout en France. Au Brésil, il apporte de « la musique tendancieusement française : Kassav, Manu Dibango... » Aujourd'hui, à Radio Nova, il ouvre ses oreilles à de nouveaux sons. Parfois, il met la main sur des perles à l'origine obscure. « Il arrive qu'on ne retrouve pas les représentants de certains artistes. »

Comment ces disques arrivent jusqu'à lui ? Mystère. « J'ai beaucoup d'amis là-bas, des DJ, des musiciens, des patrons de maisons de disques... » Des rabatteurs qu'il consulte sur place de temps à autre. « Je vais régulièrement au Brésil. J'ai dû faire vingt-cinq allers-retours ces trente dernières années. Mais je ne m'y suis jamais installé. D'abord parce que le fromage me manquerait trop. Ensuite, parce que les Brésiliens cultivent une forme de positivisme. Alors que moi, je suis un éternel insatisfait. »

Devant cet inoxydable fureteur de talents, salué comme l'un des leurs par les trentenaires branchés de Radio Nova, une théorie émerge : la musique brésilienne conserve. RKK confirme : « La samba est bonne pour la santé, à part pour les pieds. J'étais un bon danseur avant. Des problèmes de motricité ont depuis un peu rabattu mes ambitions. »

Benjamin Chapon

Son disque « Les Brésiliens pratiquent l'anthropophagisme musical, affirme RKK. Ils mêlent l'électro moderne à leurs racines samba. » Sa compilation Brasil do Futuro alterne tubes (Céu, Seu Jorge, Cibelle...) et découvertes (Curumin, Barbatuques...) pour dresser un panorama de l'électro brésilienne actuelle. Et à venir. Sa tournée « Je me suis mis au DJ set sur le tard, confesse RKK. Mais j'aime bien faire danser les gens. » Dont acte. Rémy Kolpa Kopoul sera aux platines le 11 octobre à la Favela Chic à Paris, puis en tournée à Marseille (le 21-10), Paris (le 27-11), Montpellier (le 23-11) et Angers (le 24-11).