Oxmo Puccino : «Le jazz, comme le rap, est une musique militante»

©2006 20 minutes

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Oxmo Puccino

Rappeur.

Comment vous est venue l'idée de teinter votre rap de jazz ?

Nicolas Pflug, le directeur de Blue Note France, me l'a proposé. Il connaissait mon travail de rappeur et, apparemment, il s'est dit que je pouvais faire autre chose que ce qui était dans mes rails. Que ça serait intéressant de mélanger sa vision du jazz et mon hip-hop.

Travailler avec des musiciens, c'était nouveau pour vous. Difficile ?

Un peu. On est arrivé en studio à l'automne 2005 sans idée de texte, ni de musique. Je leur ai dit que je voulais raconter une histoire et on a commencé à composer dans le vent. On a fait ça pendant six-sept mois, pas à pas. Toute la journée, ils jouaient et j'écrivais les morceaux sur place. Ça change du studio et des textes écrits à l'avance.

Votre album met en scène plusieurs histoires qui se croisent. Pourquoi ?

J'avais envie depuis longtemps d'écrire des histoires qui s'emboîtent, qui commencent au point A, passent par le point C et expliquent le point B à la fin. Ce projet m'en a donné l'occasion.

Qui est Billie, le personnage principal ?

Une chanteuse de cabaret qui a eu une vie difficile. Je voulais faire quelque chose de sombre où je puisse introduire une partie de mon histoire personnelle. Et raconter l'histoire de Billie Holiday, comme un hommage, c'était idéal.

Quel rapport existe-t-il entre jazz et rap ?

Le jazz, comme le rap, est une musique militante, qui exprime un certain mal-être, qui a besoin d'une âme et qui est là pour longtemps.

Recueilli par Adeline Lajoinie

Le 10-10 et le 4-12 à Paris, le 3-11 à Bordeaux, le 24-11 à Lyon, le 28-11 à Toulouse, le 12-12 à Nantes et le 19-12 à Strasbourg.

Dès qu'Oxmo Puccino pose son flow lourd et chirurgical sur une rythmique jazzy, l'ambiance s'installe. Inspiré par Tarantino, le rappeur construit en musique un film noir qui se déroulerait au Lipopette Bar.