Récit lourd et documenté sur un officier SS

©2006 20 minutes

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Qui parviendra au bout des 900 pages des Bienveillantes ? On y lit les confessions (fictives) d'un ancien nazi relatant les pires moments de la guerre, du front de l'Est en Ukraine à la question de la solution finale. Le ton est clinique, les scènes d'élimination des hommes nombreuses et insoutenables. De quoi repaître les esprits voyeurs en quête d'émotions morbides. Mais l'atmosphère est lourde, l'oeuvre monumentale : les « anecdotes » de la guerre croisent plusieurs analyses très roboratives, linguistique, raciale, géopolitique ou musicologique : le livre est écrit par un érudit. Ce roman documenté va donc tenter beaucoup de curieux, mais sa lecture en découragera plus d'un. Les plus courageux seront récompensés : le suspense s'intensifie quelque 200 pages avant la fin.

K. P.

Jonathan Littell, 39 ans, est le fils de l'écrivain Robert Littell, issu d'une famille juive exilée aux Etats-Unis au xixe siècle. Américain, il a été élevé en France et vit aujourd'hui à Barcelone. Il a envoyé le manuscrit des Bienveillantes, son premier roman sous pseudo, par l'intermédiaire de l'agent littéraire de son père.