Le disco ciselé de Scissor Sisters

©2006 20 minutes

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Succès surprise de l'année 2004 avec leur premier album, les Scissor Sisters repartent à l'assaut des charts avec Ta-Dah. Un deuxième disque accrocheur où les New-Yorkais rendent hommage aux Bee Gees, à Elton John, à David Bowie époque glam. « Après deux ans de tournée, nos chansons sont aussi influencées par l'énergie rock de la scène », corrige Babydaddy, bassiste et clavier barbu.

Les refrains disco de ces cinq Américains feraient presque oublier leurs paroles drôles, grinçantes ou carrément noires. Comme le cocktail d'amour vache distillé sur I Can't Decide : « Je pourrais te balancer dans le lac/Ou empoisonner ton gâteau d'anniversaire ». Ou celles du single I Don't feel like dancin' racontant l'histoire d'un clubber jaloux qui n'a plus envie de danser. Une chanson quasi autobiographique si l'on se fie au guitariste, Del Marquis. « Chaque show est une fête pour nous, on s'éclate, mais quand on a un jour de congé, on a plutôt envie de rester à la maison. » Ou de travailler dans le nouveau studio aux murs pailletés dans lequel Ta-Dah a vu le jour. « On y a bossé cinq jours par semaine, dès midi, pendant près d'un an. Jusqu'à ce qu'on soit à deux doigts de s'entre-tuer », confie Babydaddy.

Comme tous les groupes submergés par le succès, les Scissor Sisters ont traversé une période de doute, se demandant s'ils devaient changer ou refaire ce que leurs fans attendaient d'eux. Au final, ils ont évolué vers un son plus rentre-dedans, mieux adapté à la tournée des stades qu'ils s'apprêtent à entamer en Grande-Bretagne. Quant à leur image flamboyante, elle n'est pas près de se ternir. Ana Matronic, la chanteuse aux airs de star hollywoodienne rétro, y veille. « Je fais des collages ou je déchire des pages de magazines que je donne à nos stylistes en leur disant : copie-moi ça ! Je m'inspire de nos artistes préférés, notamment les Talking Heads qui avaient une image très forte. »

Isabelle Chelley