Cosméto d'origine contrôlée

anne demoulin

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La cosmétique de nos régions a du talent. Pure Altitude, Annecy Cosmetics, Brittanie, Fleurs de maquis et, bien sûr, L'Occitane en Provence et Caudalie. Les marques cosmétiques se multiplient en région et rayonnent à l'international. Leurs points forts.

S'inspirer des traditions. « Une marque a besoin de racines comme un être humain », estime Anne Bontour, créatrice des soins bio Iroisie. « Dans tout le bassin méditerranéen, il existe une tradition millénaire de bien-être », souligne Julien Pujol, cofondateur des cosmétiques bio Bemed. « Les savoir-faire ancestraux pour soigner une piqûre d'insecte ou un coup de soleil sont souvent le point de départ des recherches en laboratoire », explique Xavier Torre, du groupement Corsica Cosmetica.

Créer avec les plantes de la région. « Immortelle, myrthe, nous voulons mettre en valeur les plantes endémiques de la région », poursuit Xavier Torre. « Tout est parti d'un article sur les propriétés antioxydantes de la banane », raconte l'Antillaise Shirley Billot, fondatrice de Kadalys. Une aventure qui fait écho à la success story de Mathilde Thomas, créatrice de Caudalie dans le vignoble bordelais : « L'idée est venue après une rencontre avec le professeur Joseph Vercauteren, qui m'a parlé des vertus antioxydantes du raisin. » « Les ingrédients issus de la mer d'Iroise sont en adéquation avec notre concept bio et pur », précise Anne Bontour.

Jouer l'atout région. « Nous voulons éviter le» doudouisme «, mais portons les valeurs de la banane, verte de Guadeloupe et jaune de Martinique. Le bananier est présent sur nos emballages », analyse Shirley Billot. « Nos produits sont conçus, développés, fabriqués et conditionnés à Marseille », se réjouit Julien Pujol. Et Brittanie s'habille aux couleurs de la Bretagne et crée des paysages olfactifs qui se nomment « Côte d'émeraude » ou « Pays Bigouden ». « Au début, nous n'avions pas d'argent. Nous prenions en photo nous-mêmes le vignoble. Et pour les vitrines, on utilisait de vieilles caisses de vins, mais tout cela n'était pas calculé », se souvient Mathilde Thomas.

Faire la promotion. « La région Corse nous met en valeur, mais nous faisons aussi la promotion de la Corse », note Xavier Torre. « Nous sommes obligés de travailler en métropole, mais j'aimerais créer un laboratoire en Guadeloupe », espère Shirley Billot. « Nous soutenons l'association Méditerranée 2000, qui sensibilise au respect de la mer », souligne Thierry Pujol.

Réussir sa diffusion. « On a commencé par quelques pharmacies autour de Bordeaux, poursuit Mathilde Thomas. En 1999, nous avons lancé des soins en spa appelés Vinothérapie. Nous avons eu des articles dans le monde entier, cela faisait marrer les étrangers. » Iroisie a d'abord été distribué à l'étranger : « Nous avons eu la chance d'être choisis par un spa de luxe au Japon. Nous avons fait nos armes là-bas, puis en Corée. Depuis un an, nous travaillons le marché français », résume Anne Bontour. Même si au Japon, la Bretagne prend les traits du Mont-Saint-Michel ! « La marque France ne suffit plus. Aujourd'hui, il faut mettre en avant le concentré de savoir-faire de nos régions », estime-t-elle.