Le crabe n'aque des miettes

bENJAMIN cHAPON

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La Marche du crabe, une bande dessinée d'Arthur de Pins (si, si).
La Marche du crabe, une bande dessinée d'Arthur de Pins (si, si). — A. DE PINS

Il y a bien Mr Crabe, patron du restaurant Crousti Crabe où travaille Bob l'éponge. Il y a aussi Krabby, sympathique, mais fade Pokémon à pinces. Et Sébastien, le crabe musicien censé chaperonner Ariel, la petite sirène. Et puis c'est tout. Les crabes ne jouent que de pâles seconds rôles, quand ils en jouent un, dans les œuvres culturelles. Pourtant, les enfants les adorent, et pas seulement sous forme de bâtonnets.

Pince alors !


La preuve à l'Aquarium de Paris qui dédie sa nouvelle exposition, sobrement intitulée «Ça pince», aux crabes et crustacés. «Ils ont l'air malin, on ne sait pas trop ce qu'ils pensent, on dirait qu'ils préparent une bonne blague aux poissons», analyse Romain, 8 ans, devant un aquarium. Sophie, 11 ans, les imagine «tristes et un peu renfermés sur eux-mêmes, à cause de la carapace, mais très tendres et rigolos quand même. Comme Wall-E !» Alors pourquoi ces adorables bestioles n'inspirent-elles pas plus les créateurs ? Le dessinateur Arthur de Pins (oui, c'est son vrai nom et ça se prononce «deux pinces»), auteur de la formidable série La Marche du crabe*, a une réponse : «Ce n'est pas un animal très expressif. Notamment parce qu'il n'a pas de cou. Beaucoup d'attitudes passent visuellement par la position de la tête.» Du coup, lui-même n'envisage pas d'écrire de nouvelle histoires avec des crabes. «Quitter mes chers crabes est un déchirement mais honnêtement, dans le tome 3, j'ai introduit plus d'humains parce que les crabes m'ennuyaient un peu.» D'ailleurs, ce dernier volume se finit assez mal. «J'ai inventé ma propre espèce de crabe, le crabe carré qui ne peut pas tourner, pour coller à la fable que je voulais raconter.»