Arielle Dombasle fait parler le désir

TELEVISION L'actrice filme des personnalités qui évoquent leurs premiers désirs pour Arte...

Stéphane Leblanc

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Arielle Dombasle passe derrière la caméra pour La Traversée du désir.
Arielle Dombasle passe derrière la caméra pour La Traversée du désir. — MAKAM PRODUCTION

Se souvient-on de son premier désir? C'est la question que pose Arielle Dombasle dans un documentaire intitulé «La traversée du désir», ce jeudi soir sur Arte à 00h10. «Un travail de longue haleine, confie-t-elle. Cela fait dix ans que j'interroge les personnalités que je rencontre, munie d'une petite caméra DV.» Ces paroles saisies sur le vif, lors de soirées, dans la rue ou sur le tarmac des aéroports, Arielle Dombasle les comparent «au vif-argent des êtres, avec le tremblé des réponses, la dérobade ou l'expansion des uns ou des autres».

 

 

«Que ma mère soit immortelle»

 

 

Premier désir? David Lynch et Jeanne Balibar parlent «de lait», «d'être nourri», ce qui est assurément la bonne réponse. D'autres évoquent leurs désirs d'enfants. Benoît Poelvoorde rêvait d'«avoir une chambre à [lui] tout seul», Michel Houellebecq d'«un pistolet de couleur argent»… et il l'a eu. Les mères s'invitent chez Thierry Ardisson: «Que ma mère s'intéresse à moi», Edouard Baer, qu'elle «ne me laisse pas seul», Andrée Putmann, qu'elle «soit immortelle».

Plus insolite, Eric Rohmer parle d'un bûcher pour faire brûler son père qui venait de lui raconter l'histoire de Jeanne d'Arc. Mises bout à bout, «cela n'est pas un travail de journaliste», se défend la comédienne qui parle plutôt «de poésie» ou «d'art», le documentaire ayant été exposé à la fondation Cartier. Un film singulier, assurément. A qui d'autre qu'elle, Pierre Arditi aurait-il pu confesser «l'éblouissement» de ses masturbations adolescentes contre les draps de son lit? Ou Pascal Greggory, son partenaire de Pauline à la plage, répondre «mon premier désir était pour toi… Ton derrière, ton cul!»