Après cinq ans d’absence, les Bodin’s reviennent… à Paris

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La grande salle du Palais des Glaces est comble pour accueillir le nouveau spectacle des Bodin’s. Cinq ans après leur premier succès, Christian et Maria reviennent. Le fils s’est marié et a suivi son épouse à Paris. Sa mère, âgée de 85 ans, ne supportant pas les choix du couple, est restée dans la ferme familiale au fin fond de la campagne française et a rompu les liens avec son rejeton. « Y a que la vérité qui ne peut pas plaire à tout le monde » est une aubaine pour lui…
La pièce s’ouvre donc sur une mise en abyme : le monde merveilleux de la télévision se déploie sous nos yeux. Les effets visuels et sonores donnent immédiatement le ton du spectacle. Les images projetées sur scène, caricatures d’une émission rendue célèbre par son rideau, provoquent le rire des spectateurs. Mère et fils, de chaque côté de la scène, obéissent à une voix off plutôt comique. La sensibilité et l’humour qui les avaient fait connaître opèrent une nouvelle fois. De la naïveté mignonnette de Christian qui explique qu’ « une maman on en a qu’une dans la vie… c’est comme une brosse à dents ! », à la tendre citation d’une Maria, pourtant peu raffinée, « t’as changé Christian, tu as maigri des joues mais du cœur aussi », en passant par des répliques mémorable du genre :« Quand j’ai envie de dire merde, je ne tourne pas trois heures autour du pot, je m’assieds dessus et je fais dedans », le rire est déclenché par des effets bien différents. Puis le rideau se lève et inaugure un nouveau moment de la pièce, moins réussi, où quelques longueurs se font sentir.
La cohésion de l’intrigue n’est pas aussi franche que dans la première pièce. Certains gags sont un peu surfaits, dont l’unique fin semble être le rire, un rire nécessairement plus artificiel. La balade dans les sex-shops par exemple, occasion pour Maria d’acheter une poupée gonflable en guise d’épouvantail.
Ces longueurs ne durent pourtant pas. La pièce constitue finalement un moment de divertissement agréable où la feinte naïveté, l’amour et le bon sens rural se côtoient avec maladresse et humour, où la satire de la vie parisienne fait fuser les rires de tous les « parigots » de la salle, qui se lèvent pour une longue ovation finale. Les Bodin’s les ont séduits comme au premier jour.

Caroline Sainsard

Les Bodin’s
Bienvenue à la Capitale. Pièce jouée du mardi au samedi à 20h au Palais des Glaces.
De et avec Vincent Dubois et Jean-Christian Fraiscinet Musique de Hervé Devolder
Son de François Sueur
Vidéo de yves Kuper
Décor de Luc Boissinot et lumières de Sébastien Audevie.