Fayçal Karoui : «En fait, on ne résiste pas à cette musique»

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Interview de Fayçal Karoui, chef d'orchestre, directeur musical du New York City Ballet

Musicalement, est-ce que l'opérette de Francis Lopez vaut vraiment le coup d'être remontée ?

Je connaissais ses chansons, évidemment. Mais la première fois que je l'ai sérieusement écoutée, j'avoue m'être demandé ce que j'allais faire... Et puis j'ai travaillé et là, j'ai reconnu une musique simplement belle. Mais il faut souligner la qualité des nouveaux arrangements de Thibault Perrine pour grand orchestre. C'est la première fois que cette composition bénéficie d'un traitement musical comparable à un opéra, avec soixante musiciens. Le Philharmonique de Radio France, ce n'est pas rien.

Vous ne risquez pas de vous « griller » dans le monde de la musique classique ?

Jean-Luc Choplin, le directeur du Châtelet a été franc : quand il a pris contact avec moi, il m'a dit qu'un collègue avait refusé. Moi, j'ai accepté. Tout le monde m'a dit que j'allais être catalogué. Je m'en fiche.

Quelles sont les qualités de cette musique ?

Il y a un signe : nous avons mis en place une tirelire et chaque fois que l'un de nous chante un air de Francis Lopez en dehors des répétitions, il doit mettre une somme dans la cagnotte. En fait, on ne résiste pas à cette musique.

Recueilli par Philippe Verrièle