Le théâtre du Châtelet retrouve l'air de Mexico

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La première saison du nouveau directeur général du Châtelet à Paris, Jean-Luc Choplin, dévoilée mardi, s'inscrit dans la continuité de celles de son prédécesseur, avec des spectacles lyriques et de danse ainsi que des concerts, tout en renouant avec une tradition populaire de ce théâtre.
La première saison du nouveau directeur général du Châtelet à Paris, Jean-Luc Choplin, dévoilée mardi, s'inscrit dans la continuité de celles de son prédécesseur, avec des spectacles lyriques et de danse ainsi que des concerts, tout en renouant avec une tradition populaire de ce théâtre. — Bertrand Guay AFP

Soixante musiciens du Philarmonique de Radio France, trente danseurs, autant de choristes et quelques stars, chanteurs et acteurs connus... A mesure qu'approche le 20 septembre, date de la première du Chanteur de Mexico de Francis Lopez, le théâtre du Châtelet (Paris 1er) ressemble de plus en plus à une ruche. Rossy de Palma, l'égérie d'Almodóvar, passe dans les couloirs, entre sa loge et le studio de maquillage. Elle joue Eva, la star capricieuse, et Tornada, la torride soeur de Zapata. Les « retours de scène », ces haut-parleurs qui, dans tout le théâtre, permettent d'entendre ce qui se passe sur le plateau, résonnent des accords de piano. Un balayeur nettoie la scène au milieu des énormes fleurs en stuc du décor. Tout le monde s'affaire, hormis la jolie CriCri, jouée par Clotilde Courau qui se repose de sa maternité. Jean Benguigui qui joue l'impresario Castani découvre l'opérette à grand spectacle et, vieux routier de la scène, ne peut cacher sa surprise : « J'en ai beaucoup entendu dans mon enfance, mais je n'en avais jamais joué à part Mademoiselle Nitouche, il y a longtemps. C'est beaucoup plus agité qu'au théâtre. Tout est plus technique. Et puis, quand on entre sur le plateau, c'est gigantesque. »

En redonnant à entendre le fameux « Mexico, Mexi-i-co ! », le Châtelet retrouve sa légende (lire encadré). Dans une version plus courte et moderne, comme l'explique Agathe Melinand, qui a réécrit le livret pour situer l'action « sur le tournage d'un film sur l'opérette. Cela permet de respecter les meilleurs moments, attendus par le public, mais avec une distance amusée. » La transposition gomme la partie « basque » du premier acte, resserre l'action (2 h 15 au lieu des 3 h 30 d'origine), mais respecte ces mélodies qui ont fait du Chanteur de Mexico un mythe.

Ph.V.

Du 20-9 au 1-10, puis du 31-10

au 5-11 et du 19-6 au 1-7-2007.

Créé en 1951, Le Chanteur de Mexico a été donné 905 fois et détient le record des entrées au Châtelet. Ce fut le dernier succès de Maurice Lehmann, directeur de la salle de 1928 à 1966, et inventeur de l'opérette à grand spectacle.