Willem, grand prix de la provocation à Angoulême

BANDE DESSINEE Le Grand prix du Festival international de la BD a été remis dimanche au Néerlandais Willem...

Olivier Mimran

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Willem lors du vernissage de l'exposition «Archi et BD, la ville dessinée» à la Cité du patrimoine et de l'architecture au Palais de Chaillot, le 8 juin 2010.
Willem lors du vernissage de l'exposition «Archi et BD, la ville dessinée» à la Cité du patrimoine et de l'architecture au Palais de Chaillot, le 8 juin 2010. — DUPUY FLORENT/SIPA

De notre envoyé spécial à Angoulême

Après ses copains Reiser (en 1978) et Wolinski (2005), le Franco-Hollandais Willem vient d’entrer dans le cercle restreint des Grand prix du Festival de la BD d’Angoulême issus de la presse satirique. Ce n’est que justice pour un auteur qui, à 71 ans, a publié plus de 75 livres (illustration et bande dessinée confondues). Et dont le nom, confiait son prédecesseur, Jean-Claude Denis, à 20 Minutes, «était, depuis des années, régulièrement évoqué par l’Académie des Grands prix».

Elu «démocratiquement»

De Charlie Hebdo à Libération, Bernhard Willem Holtrop, de son vrai nom, a la réputation de jeter un regard acéré et sans concession sur l’actualité. Un talent pour la provocation qu’il cultive depuis son plus jeune âge, puisqu’après être sorti des Beaux-Arts et avoir fricoté avec le mouvement écolo-contestataire Provo, il a fondé, en 1966, une revue satirique dont plusieurs numéros furent saisis par la justice néerlandaise. «Les amateurs de BD connaissent tous cette histoire», nous déclare Jaap Heymans, un collectionneur batave croisé à Angoulême. Avant de préciser: «Même s’il est désormais plus français qu’hollandais, Willem est une star chez nous. Et nous sommes fiers qu’un ‘Oranje’ soit ainsi récompensé!» Déjà élu «Grand prix de l’humour vache» en 1996, Willem sera en tout cas le premier auteur élu «démocratiquement» à Angoulême puisque cette année, pour la première fois, tous les auteurs accrédités au festival ont participé au vote –même si l’Académie des Grands prix a dû trancher in fine.
 

Un festival de prix

Fauve d’or du Meilleur album: Quai d’Orsay Chroniques diplomatiques, T2 (Dargaud) de Christophe Blain et Abel Lanzac.
Prix spécial du 40e Festival: Akira Toriyama (Japon)
Prix spécial du jury: Le Nao de Brown (Akileos) de Glyn Dillon
Prix de la Série: Aâma, T2 (Gallimard) de Frederik Peeters.
Prix Révélation: Automne (Nobrow) de Jon McNaught
Prix du Patrimoine: Krazy Kat. 1925-1929 (Les Rêveurs) de George Herriman (décédé en 1944).
Prix du Public Cultura: Tu mourras moins bête, T2 (Ankama) de Marion Montaigne
Fauve du Polar SNCF: Castilla Drive (Actes Sud/L’An 2) d’Anthony Pastor
Fauve Jeunesse: Les Légendaires Origines, T1 (Delcourt) de Sobral et Nadou.