Un musée qui ne fait pas tapisserie

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Vénérable institution, le musée des Arts décoratifs rouvre ses portes demain après dix ans de travaux pour un coût de 35 millions d'euros. L'aile du Louvre qui l'héberge depuis 1905 a été totalement réorganisée de manière à fluidifier la circulation et bien sûr mettre en valeur la collection du musée. Constituée de 6 000 objets, elle est répartie de part et d'autre d'une grande et lumineuse nef selon deux parcours, l'un thématique, l'autre chronologique, du Moyen-Age à nos jours.

Meubles, coffrets de voyage, épingles à cravate, maisons de poupée, papiers peints, boiseries, vitraux... « Nous avons voulu présenter un grand panorama qui nous permet de comprendre l'art de vivre et l'histoire de l'art du goût. Comment ses formes ont évolué à travers des techniques nouvelles, des styles et des influences, explique Béatrice Salmon, directrice du musée. Nous sommes une maison pour tous, mais nous accueillons aussi un public spécialisé. » Certaines vitrines, indiquant le nom de chaque objet mais pas leur usage, manquent pourtant d'explications. « Nous avons voulu faire le parcours le plus vivant possible, avec des clés d'entrées variées », poursuit la directrice. Tellement « variées » sur cette surface de 9 000 m2 qu'on a tôt fait de s'égarer...

Qu'importe ! Se perdre dans un musée réserve parfois d'heureuses surprises. La réussite de cette nouvelle présentation est sans conteste la reconstitution au détail près de pièces entières. Les objets, ainsi mis en situation, n'en paraissent que plus précieux. L'occasion de voir le « lit de parade » de la courtisane Valtesse de la Bigne (1848-1910), dont Zola s'est inspiré pour décrire la chambre de Nana, ou l'appartement de Jeanne Lanvin vers 1920. Rien ne manque. Pas même le caractère très intime de cette alcôve toute bleue que le visiteur n'aperçoit qu'à travers des fenêtres.

Jeanne Dréan