Jan Kounen: «Le Vol des cigognes, un thriller, avec des paysages grandioses»

Recueilli par Joël Métreau

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L'acteur Harry Treadaway et le réalisateur Jan Kounen sur le tournage du "Vol des Cigognes".
L'acteur Harry Treadaway et le réalisateur Jan Kounen sur le tournage du "Vol des Cigognes". — Damien Couvreur / EuropaCorp Television / Canal+

Un jeune homme va tenter de comprendre pourquoi l’ornithologue, dont il était proche, a été assassiné. Pour cela, il va suivre la migration des cigognes à travers la Bulgarie, Israël et la Centrafrique. Voilà pour le pitch du Vol des cigognes. Après Les Rivières pourpres, Le Concile de Pierre et L’Empire des loups, ce premier thriller de Jean-Christophe Grangé, sorti en 1994, est adapté en film. Mais cette fois pour la télévision, pour Canal +, qui diffuse la première partie du Vol des Cigognes lundi soir à 20h55. Le producteur EuropaCorp en a confié la réalisation au Français Jan Kounen (Dobermann, 99 Francs…). Il raconte…

Comment avez-vous été associé au projet?

Les producteurs Thomas Anargyros, Edouard de Vésinne et Thomas Couvreur sont venus me proposer le scénario. Le projet était déjà posé. Soit un film de trois heures, en deux parties en anglais, avec un budget d’environ dix millions d’euros.

Deux fois 90 minutes, donc. Le Vol des Cigognes n’aurait-il pas pu être raccourci ?

Non, au contraire, la question aurait pu se poser de le rallonger, de le faire en trois parties. Le roman le permettait, grâce à sa complexité et à ses histoires croisées.

Connaissiez-vous le roman avant?

J’avais beaucoup aimé quand je l’ai lu il y a une quinzaine d’années. On me l'avait déjà proposé pour le cinéma. Mais je me suis heurté à un problème de durée. Trois heures, c’est compliqué pour un producteur. Je ne dispose pas de la puissance de feu de James Cameron ou de Peter Jackson!

Vous avez pu y ajouter une touche très personnelle…

Artistiquement j’ai eu un espace de liberté très agréable, avec un soutien de la part de Canal+.  Il y a par exemple une bonne dose de surréalisme dans le deuxième épisode. Ce n’est pas évident aujourd'hui de proposer cet imaginaire.

Vous teniez beaucoup à ces scènes oniriques?

C’est aussi l’histoire de quelqu’un qui a perdu la mémoire. On voit le mental du héros comme un monde déconstruit. Donc on reçoit les informations de manière plus originale et mystérieuse. Cela surprendra le lecteur du roman où le thème de l’hypnose est absent. Cette mise en danger du personnage est également physique, on reste dans un mode thriller.

Pourquoi le format scope?

Pour un film d'aventures, un thriller, avec des paysages grandioses, c'est le format associé.

Et le choix de tourner en Afrique du Sud?

J'y avais déjà tourné des films publicitaires il y a une quinzaine d'années. J'y suis allé aussi pour des raisons de décors. Et puis les techniciens sont au top, ils sont habitués à des films lourds et complexes. Quand je tournais il y avait par exemple un film américain avec Denzel Washington qui se faisait à côté. C’est également moins cher d’y tourner. Certes il y a encore des problèmes sociaux, mais aussi une énergie et une créativité étonnantes.

Où en êtes-vous de l’adaptation en animation du roman La Horde du contrevent ?

C’est un projet à long terme, ça avance, c'est dense, il faut construire tout l'univers. On est actuellement en plein travail de création avec une quinzaine de scénaristes supervisés par l’écrivain Alain Damasio et avec le réalisateur Marc Caro, qui s’occupe du design du film.

La bande-annonce du Vol des cigognes:

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LE VOL DES CIGOGNES - Bande-annonce VOST