Aline, les années 1980 en mieux

Benjamin Chapon

— 

Les trentenaires (pour être poli) auront l'impression de revivre leurs premières boums. Les autres découvriront un groupe qui ose de vraies belles chansons pop sentimentales. En tout état de cause, Aline ne peut pas laisser indifférent. Après avoir glané lauriers et concours en pagaille sous le nom de Young Michelin (la fameuse firme clermontoise a trouvé à y redire…), le quartet devenu Aline a pas mal galéré avant de pouvoir sortir ce premier album, Regarde le ciel : «On n'est plus des jeunots, on fait de la musique depuis longtemps, explique son chanteur Romain. On y a gagné une certaine distance, on ne s'emballe pas.» Le succès pourrait tout de même être au rendez-vous. D'abord parce que l'album est excellent et comporte plusieurs tubes en puissance, dont l'hymne aux garçons timides «Je bois et puis je danse» et le désespéré «Elle m'oubliera». Ensuite parce qu'Aline fait revivre la formule guitare-batterie-synthé et une esthétique années 1980 très en vogue dans la chanson française actuelle : Lescop, Saint-Michel, Pendentif… «Quelque part, ça nous a rendu service, parce qu'à chaque fois qu'on parlait d'eux, on parlait de nous. Le risque est d'être classé comme un groupe vintage ou revivaliste, ce qui n'est pas du tout le cas. On pense faire une musique très moderne.»

Point à l'Aline


Si elle adopte certains codes de la new wave version française, la musique d'Aline ne tombe pas dans la caricature. «Je déteste la notion de kitsch ou de second degré en musique, la dictature de l'ironie permanente, précise Romain. Notre musique est pudique. Je suis très vigilant à ce que l'intention vocale reste sobre. Je ne veux pas induire un surplus de sentimentalité.» C'est heureux, parce que la beauté des chansons est déjà bouleversante. ■