Emily Loizeau a su prendre son envol

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Emily Loizeau a remporté lundi le prix du festival 18 en scène, à Paris, parmi cinq musiciens francophones sélectionnés sous la direction de Jean-Michel Boris. Sur scène, elle est l'image de son nom (même pas trafiqué) : voix claire et aérienne quand elle entonne A l'autre bout du monde et silhouette frêle, bien droite derrière son piano.

Ce qui frappe d'abord, c'est son timbre – elle chante divinement bien –, puis son aisance au piano. Normal pour cette jeune femme de 31 ans corsetée dans les conventions de la musique classique jusqu'à l'âge de 20 ans. Pour fuir cet univers « trop rigide », elle décide de lâcher le piano, devenu repoussoir, bifurque vers le théâtre et s'achète un accordéon « pour s'amuser ». La mort de son père va bouleverser la donne. Poussée par un « besoin d'écrire », elle compose ses premières chansons qui, jouées face à un public, lui offrent la révélation qu'elle attendait.

« J'ai découvert ce qu'était la liberté, sur scène et dans l'expression », raconte Emily Loizeau. La « piètre accordéoniste » peut désormais renouer avec le piano, sur un nouveau mode. Elle écrit des chansons matinées de folk, revendique l'influence de Bob Dylan, Tom Waits ou Nina Simone. Aussi à l'aise en français qu'en anglais, hérité de sa mère, elle s'amuse à chanter « des choses graves avec un langage d'enfant ».

Faustine Vincent