«BurlesQ» vous déshabille

SPECTACLE Le Pink Paradise, haut lieu du glam-chic, s'essaie au burlesque avec un spectacle de filles décomplexées qui en mettent plein la vue...

Virginie Tauzin

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Le «new burlesque», c'est la sensibilité mêlée à la fantaisie, dans une ambiance rétro.
Le «new burlesque», c'est la sensibilité mêlée à la fantaisie, dans une ambiance rétro. — J.Jung / 20 Minutes

On dirait un bordel du début du siècle. Sur scène, une succession de petits numéros dans un jeu de miroirs. Aucune fille ne se ressemble: coquines, boudeuses, fatales, naïves, grosses ou minces, petites ou grandes… Mais toutes drôles et sexy. Dans «BurlesQ», spectacle qui se joue en ce moment au Pink Paradise, Muratt Atik, son patron, fait remarquer «le grand Q», mais insiste sur l’autodérision de ces filles bien dans leur peau: «Dans le glamour, il manquait ce côté décalé qui dit: ‘‘je vais me foutre de la gueule du strip‘‘.»

Clara morgane en pin-up ingénue

Le burlesque, ou new burlesque, c’est ça: la sensualité mêlée à la fantaisie, dans une ambiance rétro et intimiste, où chaque fille dévoile son univers à mesure que se découvre son anatomie. En 2010, Mathieu Amalric, avec son film Tournée, a fait de ces représentantes au look provocateur ses égéries. L’une d’elles, l’Américaine Kitten de Ville, bombe tragi-comique coiffée comme Marilyn, fait d’ailleurs des apparitions dans le spectacle, quand elle est de passage à Paris.

Depuis, les cours de burlesque se multiplient en France, et remportent un succès particulier à la Pink School, l’école sexy du Pink Paradise. «Ça fait fantasmer beaucoup de filles, ce côté assumé, mais très peu peuvent en vivre. En France, on doit être quinze », note Miss Glitter Painkiller, effeuilleuse et professionnelle du burlesque depuis trois ans. Avec Kiki Béguin, Velvet Hoop’n’Roll, Athena’ttention ou encore Clara Morgane, qui campe certains soirs une pin-up ingénue, elles réalisent sur scène des numéros qu’elles ont elles-mêmes pensés et montés.

«Abonnée à la loose sentimentale»

«De la musique à la mise en scène en passant par les costumes, tout sort de leur imagination, de leur poésie, explique Muratt Atik. En arrivant, elles proposent un produit fini et nous, on ne fait que combiner le tout.» Dans «BurlesQ», Miss Glitter Painkiller interprète, elle, une «abonnée à la lose sentimentale, une désespérée attachante dans un univers très rock».

Le public en sort forcément dérouté. Dans cette salle d’à peine 45 places, impossible pour lui de ne pas se prendre au jeu. «Il n’y a pas la même distance qu’avec le strip-tease, conclut Muratt Atik. Ici c’est un vrai corps à corps.»

 

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