Des peaux dures à cuir

VÊTEMENT nstallée depuis 1927 au Pays basque, la tannerie Rémy Carriat fournit en cuir de première qualité les grands noms de la maroquinerie de luxe...

Guillaume Dufau

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La tannerie Carriat fut fondée en 1927, à Espelette, dans le Pays basque.
La tannerie Carriat fut fondée en 1927, à Espelette, dans le Pays basque. — F. Rabatel / 20 Minutes

«Avec le cuir, on peut tout faire», résume Marie Carriat-Hiriart en déambulant autour d’un arc-en-ciel de peaux tannées entreposées dans son atelier. Fondée en 1927 par son aïeul Rémy Carriat, la tannerie familiale borde le ruisseau du Laxia, dans le cadre bucolique du petit village basque d’Espelette. Jadis très prisée des bottiers et réputée pour le tannage des peaux de veau destinée aux chaussures les plus élégantes, l’entreprise s’est ensuite tournée vers l’ameublement, avec l’introduction en France en 1976 du fameux cuir de buffle.

Dans les années 1990, elle conquiert la fine fleur de la maroquinerie de prestige. «C’est un savoir-faire artisanal hérité de trois générations de tanneurs», ajoute la patronne, dont la société produit chaque année 300000 m² de cuir et emploie une cinquantaine de salariés.

«Mettre le grain en valeur»

Sous les immenses hangars, les peaux de taurillon et de buffle sont manipulées des dizaines de fois avant leur commercialisation. Chargées dans les foulons de corroyage, sortes de gros tambours de machine à laver, elles sont chahutées pendant douze heures dans des bains d’huiles, de pigments et d’acides.

Après la teinte végétale et l’essorage, elles sont tendues sur des cadres de séchage, dont elles sortent rigides comme du carton. Elles retrouvent ensuite leur souplesse, puis passent au «maquillage». Les ouvrières peaufinent alors l’aspect et le toucher du cuir en l’enduisant de résines, d’onguents et de laques. «Il s’agit de mettre le grain en valeur, d’apporter de la brillance, du toucher», explique Marie Carriat-Hiriat. Il faut poncer la fleur avec du papier abrasif pour un cuir velouté (effet nubuck), ou patiner les peaux au tampon pour sublimer le grain, galuchat, croco, ridé ou fantaisie.

Préoccupation environnementale

«La tendance pour cet hiver va vers des textures au toucher très naturel et s’agissant des couleurs, soit vers des teintes très mode et flashy, soit vers des classiques: marron, gris, taupe…», poursuit Marie. Située dans une région rurale et dans un village touristique, la tannerie Carriat s’est également dotée d’un équipement complet de traitement prébiologique et physico-chimique qui lui permet de réduire la pollution générée par son activité industrielle. Une préoccupation environnementale légitime, quand on exerce l’un des plus vieux métiers du monde.

 

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