Les Françaisse vendent mal

Guillaume de Sardesde « Prussian Blue »

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Robert Combas est le premier Français du Top 500, en 145e position.
Robert Combas est le premier Français du Top 500, en 145e position. — P. FAYOLLE / SIPA

En France, les artistes dits modernes se distinguent en salle des ventes par des succès parfois fracassants. En 2011, La Lecture de Picasso se vendait 36,2 millions de dollars chez Sotheby's, soit la septième meilleure enchère mondiale de l'année, tandis que chez Christie's, La Terrasse à Vernon de Bonnard doublait son estimation à 10,3 milions de dollars. Il n'en va pas de même dans le domaine de l'art contemporain, où les artistes français d'aujourd'hui peinent à émerger face aux Anglo-saxons, Chinois ou Allemands, que ce soit sur le premier marché (les galeries) ou le second (les salles des ventes).

Longtemps méconnus
Jérôme de Noirmont, un des grands galeristes français, celui de Pierre & Gilles et de Valérie Belin, estime qu'il y a plusieurs raisons à cela : « D'abord, l'art va de pair avec l'économie et la puissance. La fin de la Seconde Guerre mondiale a marqué celle de l'hégémonie européenne au profit de l'Amérique et maintenant de la Chine. Chaque nationalité d'artistes est forte quand le pouvoir d'achat dans son pays est fort. Ensuite, au plan international, ce qui ne concerne qu'un nombre restreint d'artistes français soutenus par des galeries importantes, le principal problème est que ceux-ci ont été peu exposés entre 1970 et 2000. Ils sont donc longtemps restés méconnus. »
Philippe Jousse, galeriste pointu défendant Ludgi Beltrame ou Philippe Meste, partage l'analyse de son confrère. Il la complète en rappelant que la force des artistes anglo-saxons s'explique aussi par la capacité des principales galeries anglaises et américaines à organiser des expositions qui font date : « C'est le cas de la galerie londonienne Saatchi qui, à travers l'exposition « Sensation » en 1997, a présenté le travail de jeunes artistes britanniques appelés, comme Damien Hirst, à devenir des figures artistiques majeures. »
La conjonction de ces trois phénomènes explique qu'on ne trouve, pour l'année 2011, que sept Français parmi le Top 500 des artistes contemporains, établi par Artprice, les premiers étant Robert Combas (145e position) et Pierre & Gilles (167e position).