Rock en Tamise sur l'avant-scène

©2006 20 minutes

— 

Samedi, avant Radiohead, le talentueux Beck s'est lui aussi taillé un franc succès grâce à un concert déjanté, avec table de cuisine sur scène et marionnettes à l'effigie du chanteur américain et de ses musiciens.
Samedi, avant Radiohead, le talentueux Beck s'est lui aussi taillé un franc succès grâce à un concert déjanté, avec table de cuisine sur scène et marionnettes à l'effigie du chanteur américain et de ses musiciens. — Stéphane de Sakutin AFP

Une colonie britannique débarque : quelques flags (drapeaux) fleurissent même dans le public. Sur scène vendredi, le même Union Jack sert à Carl Barat, chanteur des Dirty Pretty Things, à garder le bras en écharpe. Le show, un peu brouillon, déçoit. A l'inverse de Kasabian, des compatriotes très efficaces entre glam, pop, rock et disco. Emmenés par le tandem Brendan Benson-Jack White, les Raconteurs tirent profit de leur heure de scène, enchaînant les chansons sans reprendre leur souffle. Plus tard, à la nuit tombée, Morrissey, crooner flamboyant et armé d'un humour british, annonce : « Voici Jean Gabin ! », en désignant le portrait d'Oscar Wilde projeté derrière lui. « Et je m'appelle Sacha Disturbed (Dérangé)... »

Le temps promettait d'être typiquement londonien samedi. Finalement, les Canadiens de Broken Social Scene essuient l'unique averse du week-end. Pas de quoi donner au site des allures de terrain de rugby après un match. Coup de coeur avec les Français de Fancy : voix androgyne, gestuelle à la Mick Jagger et coiffure afro, le chanteur Jessie Chaton et son rock garage furieux attirent les curieux... et les retiennent. Autre révélation : The Rakes et leur rock plutôt fluet, mais entraînant.

Sur la Grande Scène, la marionnette de Beck annonce l'arrivée du chanteur. Le Californien expérimente, joue des extraits de son prochain album, zappe entre ambiances acoustiques et électro dans un show exaltant et bourré de rebondissements. Tout l'inverse de la grand-messe ordonnancée par Radiohead. Le groupe interprète (trop) fidèlement ses titres devant une foule impressionnante, à défaut d'être subjuguée. Mieux valait s'aventurer, au même moment, du côté des Japonais de Tokyo Ska Paradise Orchestra, qui offraient un show déjanté.

Dense en public et en concerts de qualité, Rock en Seine est entré cette année dans la cour des très grands festivals. De ceux qui attirent les publics venus de pays où ce genre de manifestations ne manque pourtant pas.

A. L., I. Ch., B. C. et S. L.