Charlotte Gainsbourg : « L'anglais m'a donné une liberté totale »

©2006 20 minutes

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Charlotte Gainsbourg

Actrice et chanteuse.

Pourquoi avoir attendu vingt ans pour sortir un nouveau disque ?

Parce que ça m'a pris du temps avant de m'avouer que j'en avais envie et que j'en étais capable.

5:55 nous plonge dans la nuit...

C'est un temps suspendu qui me va bien. Le côté aérien, irréel et même inquiétant me plaît bien.

Avez-vous le sentiment de vous être livrée à travers cet album ?

Oui, mais de manière déguisée et faussement impudique, comme toujours. Parfois je me reconnais, parfois non ; ce mélange me convient.

Il y a un titre à l'humeur érotique...

Avec un côté à moitié vicieux, un peu pervers, à double tranchant... Les textes de Jarvis [Cocker], c'est pas juste couplet-refrain.

Pourquoi chanter en anglais ?

J'étais trop complexée par le français parce que les références à mon père étaient trop fortes. L'anglais m'a donné une liberté totale.

Ce disque a-t-il fait ressurgir des souvenirs avec votre père ?

Oui, l'ambiance feutrée dans le studio me rappelait la rue de Verneuil. Et le fait qu'il y ait pas mal de références à lui au travers de la musique l'a rendu encore plus présent.

Il vous dirigeait totalement en studio. Ce fut le cas avec Nigel Godrich ?

Mon père me guidait à la virgule près. Nigel, lui, m'a dit : « L'interprétation c'est ton boulot ! » Ça m'a fait prendre conscience que j'ai 35 ans, que c'est mon album. A moi de savoir ce que je veux.

Et la scène, vous y pensez ?

Surtout au trac que ça pourrait représenter. En plus, je ne suis pas une bête de scène. On verra...

Recueilli par Ingrid Pohu

« 5:55 » Un disque pop aux mélodies apaisantes. Air, Jarvis Cocker (Pulp), Neil Hannon (Divine Comedy) et Nigel Godrich (producteur de Radiohead) aident Charlotte Gainsbourg à tisser un climat intimiste, emmené par les sonorités brutes du piano, de la basse et des violons proches de l'album Initials B. B. de son père.