Vous avez interviewé Vincent Ségal et Cyril Atef du groupe Bumcello

CHAT VIDÉO e duo a répondu à vos questions...

C. La.

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 Le groupe Bumcello
 Le groupe Bumcello — D.R.

[Le chat est terminé] 

Jeanne : Bumcello, que signifie ce doux patronyme ?
Cyril Atef : Oui, doux. Au début en 1999, ça devait être Drum & Cello, batterie et violoncelle,  et c’est devenu Bum & Cello et Bumcello. Bum ça veut dire vagabond et aussi fesses en anglais. C’est un nom ridicule, mais qui sonne bien.
 
Léa : Bonjour ? je voudrais savoir comment vous êtes rencontré ? Comment est né Bumcello ?
Vincent Ségal : On s’est rencontré il y a très longtemps, il y a 16 ans… Je ne sais plus…
Cyril Atef : 1995 !
Vincent Ségal : Voilà en 1995 par le biais de Julien Leros qui est un saxophoniste de jazz. Beaucoup de musiciens se sont connus à cette période-là, on se rencontrait toutes les semaines en studio et on jouait ensemble avec Sébastien Martel par exemple, des musiciens qui nous sont restés très chers et avec lesquels on a collaboré sur plein de choses différentes. En fait, à un moment, on s’amusait à faire danser les gens dans les discothèques et on s’est rendu compte avec Cyril qu’on pouvait le faire juste tous les deux. C’est comme ça qu’est né vraiment Bumcello.
 
Pedrinho : Est-ce que la sortie d'un album est synonyme de stress pour vous ?
Cyril Atef : Absolument pas. Zéro stress.
Vincent Ségal : Ça pourrait être stressant s’il y avait vraiment des impératifs économiques majeurs, mais on est vraiment un groupe minimal donc c’est plus du plaisir pour nous. C’est plus du stress pour la maison de disques qui doit se demander comment développer tel artiste car on reste des artistes plutôt confidentiels. Il y avait des albums au début quand on était plus jeune où on était plus stressé, mais maintenant on est assez zen.
Cyril Atef : On est conscient de l’état de l’industrie musicale alors voilà... On attend la grande surprise je dirais, peut-être qu’il y aura un succès énorme, mais on reste réaliste.
 
Khora : Bjr, que signifie AL comme titre de cet opus que j'ai fortement apprécié autant le dire tout de suite :D
Vincent Ségal : Merci beaucoup. En fait, ce qui est drôle avec « AL ». C’est que beaucoup de gens en France disent sans le faire exprès « Boumcello » plutôt que « Bumcello », en rajoutant le « AL » avant « Bumcello » on est sûr que les gens ne se tromperont plus en disant « ALBUMcello ».
Cyril Atef : Parce que ce n’est pas le « BOUM » du tambour mais le « BUM » de vagabond.
Vincent Ségal : Et comme Tommy qui est avec nous et que vous allez écouter durant la session, c’est la véritable connexion « Los Angeles » de Cyril, Los Angeles ça fait en verlan « AL » et on est des grands fans d’Al Green. C’est aussi le début de l’alphabet, l’article « Al » en arabe, etc.
 
Mayra : Ma question : avez-vous beaucoup réfléchi à la manière d'enregistrer cet album ?
Cyril Atef : On s’est dire qu’on allait faire que de l’impro, on n’a pas vraiment réfléchi, on s’est dit comme concept : 2 jours d’impro totale, sans compos à l’avance et sous la supervision de Tommy qui nous guidait un peu et on lui a donné le bébé.
 
Lila : Pourquoi avez-vous choisi de faire appel à Tommy Jordan pour cet album ?
Vincent Ségal : Tommy est parti avec les bandes, et avec ces bandes, il a construit des chansons qu’il a chantées et mixées. En fait, cet album c’est Tommy Jordan qui se sert de Bumcello pour faire l’album idéal de Bumcello. C’était l’idée de cet album parce que Tommy avait participé  à beaucoup d’albums précédents comme « Lychee Queen » et « Animal sophistiqué ». Il nous connaît, il connaît Cyril depuis des années, moi depuis 10 ans facile, donc c’est la personne à laquelle on a pensé pour obtenir un album très resserré. 
 
UT : ça fait quoi de refaire un disque avec tommy jordan, les reflexes d'antan sont-ils revenus naturellement ?
Cyril Atef : En tant qu’improvisateur, on peut faire des longues pauses. Ces trois ans, on a beaucoup joué ensemble, mais tout de suite ça se connecte assez facilement. Maintenant, on fait un nouvel exercice qui revient à jouer en live les chansons de cet album. On a répété 2 jours. Alors qu’en général, on ne répète jamais. Pour l’instant, on a joué à Angoulême et à Paris, et le résultat est bon.
Vincent Ségal : Ce qui est pas mal quand on fait des pauses, c’est qu’à chaque fois on se retrouve enrichi par les expériences des uns et des autres, et c’est aussi dû à l’expérience qu’on a de jouer ensemble depuis tant d’années. Chacun de nous, on joue depuis plus de 40 ans.
 
sandrine : je vous suis depuis des années maintenant et je me suis toujours demandée : vous n'avez toujours aucune idée de ce que vous allez jouer avant de monter sur scène sur scène ? Idem pour cette session acoustique par exemple ?
Cyril Atef : Non, là on sait ce qu’on va jouer.
Vincent Ségal : Par contre, quand on monte sur scène, même avec Tommy, on sait qu’on va jouer des chansons, mais pas dans quel ordre et dedans on introduit à chaque fois des morceaux improvisés, on fait des connexions… Et c’est parce qu’on a une certaine maturité qu’on peut faire ça. C’est à dire qu’on s’interdit de faire une liste de chansons… Par contre, quand on fait une radio et que c’est un exercice un peu particulier quand on nous demande si on veut jouer 1 ou 2 chansons, on ne répond plus qu’on improvise parce que ça déstabilise tout le monde : les équipes techniques et même nous parce que le lieu n’est pas forcément adapté à ça. On introduit toujours de l’improvisation, mais j’ai appris avec l’âge à apprécier cet exercice un peu plus préparé.
 
charlie : bonsoir messieurs, est-ce que Ballaké Sissoko a participé à cet album et aura t-on la chance de le voir vous accompagner sur scène durant les prochaines dates de concert ? merci. 
Cyril Atef : Non !;)
Vincent Ségal : Il a participé indirectement parce que le fait d’avoir joué avec lui depuis tant d’années, je n’aurai jamais joué des pistes au violoncelle comme j’en joue dans cet album si je n’avais jamais joué avec lui. C’est en jouant de la kora avec lui que j’ai appris à développer certaines techniques. On n’a jamais parlé ensemble de ça, mais c’est parce qu’on se contente de jouer ensemble. On sera ensemble au Pont des Artistes en décembre. Il y aura une partie acoustique avec Ballaké et une partie Bumcello. Et aussi quelques petits jams.
Cyril Atef : On a déjà jammé par le passé.
Vincent Ségal : Oui, à FIP.

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Présentation du chat:

Il a fallu pas moins de 17 instruments à «Bum», le batteur Cyril Atef et «Cello», le violoncelliste Vincent Ségal, pour enregistrer leur septième album, «AL». Accompagné cette fois du chanteur Tommy Jordan, le groupe de Trip-Hop qui se définit lui-même comme «inclassable», conserve sa marque de fabrique, l’improvisation. Ils signent un opus enregistré comme il s’écoute, d’une traite.