Le charme discret d’un poète décalé

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« Je veux surprendre ! » Pari réussi pour Thomas Fersen qui signe, après dix ans de carrière, un cinquième album joliment troussé. Pièce montée des grands jours surprend d’abord par sa pochette où le chanteur, photographié par Mondino, prend la pose avec... une tête de cochon ! « Ça crée une identité. C’est à la fois trash et charnel », estime Fersen, qui aime mettre en scène les animaux dans ses chansons. Autre surprise : ce disque sonne nettement plus rock’n’roll que les précédents. « Je ne me suis quand même pas fait pousser la banane ! J’avais envie de quelque chose de plus brutal et d’instinctif. » De sa voix chaudement éraillée, le jeune quadra conte avec sa poésie ironique et mordante habituelle des histoires de personnages inspirés du quotidien. Comme celle d’un fossoyeur « à la tête d’enterrement » ou d’un vendeur de chaussures qui a la « chair d’ampoule ». En duo avec l’actrice Marie Trintignant, il décortique sa Pièce montée des grands jours : « Marie correspond à mes personnages : elle est décalée, dingue et imprévisible. » Une douce folie que l’on apprécie aussi chez Thomas Fersen. Inès Philippe