Les Rolling Stones renouent avec le rock à Paris

CONCERT Le mythique groupe a fêté son 50ème anniversaire avec un concert intime dans une petite salle parisienne jeudi soir...

Benjamin Chapon

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Mick Jagger, le chanteur des Rolling Stones, arrive au Trabendo à Paris le 25 octobre 2012.
Mick Jagger, le chanteur des Rolling Stones, arrive au Trabendo à Paris le 25 octobre 2012. — Thibault Camus/AP/SIPA

«Je n’arrive toujours pas y croire, c’était magique. C’est juste dommage qu’ils aient joué moins d’une heure.» Ce fan des Rolling Stones n’a pas vu le temps passer jeudi soir lors du concert exceptionnel que le groupe donnait devant 700 privilégiés au Trabendo, à Paris, pour fêter leur 50e anniversaire. En réalité, la bande de Mick Jagger a joué près d’une heure et demie et enchaîné tubes mythiques et morceaux récents.

Un Mick Jagger souriant, voire coquin

Anniversaire oblige, les Rolling Stones ont débuté le concert par «Route 66», le premier morceau de leur premier album. «Le son était très bon, très rock, même un peu crade, poursuit Jacques, fan de la première heure. Je ne pensais pas pouvoir voir les Stones un jour dans ce contexte. Au Stade de France, en 2006, c’était extra, un vrai show, mais là, c’est du rock.» Pendant qu’à l’intérieur, le public grisonnant mais enthousiaste se déhanchait sagement sur les tubes «Start Me Up» ou «Jumpin’ Jack Flash» ou des morceaux plus rares comme «Champagne & Refeer», reprise de Muddy Waters, dehors, des fans déçus grognaient: «Je suis dégoûté que ce soit leur seul concert public en France, ronchonne Grégoire. Au moins Johnny, il a joué gratuitement (sic) sous la Tour Eiffel pour tous ses fans. Les Rolling Stones, ils préfèrent satisfaire une élite de veinards.» Jalousie bien ordonnée commençant par soi-même, Grégoire exhibait discrètement un autographe arraché à Mick Jagger à son arrivée à la salle. «Il m’a souri…»

Souriant, voire coquin, Mick Jagger l’a été tout au long du concert, dansant comme de coutume et exhibant son corps outrageusement svelte. Pas bien bavard, le chanteur a tout de même cabotiné sur le thème «je n’arrive pas à croire que nous soyons tous encore debout là devant vous». Des rumeurs annonçaient un concert calme, voire acoustique, il n’en a rien été.

La rumeur courait également que ce concert était un prétexte pour pouvoir tourner des scènes du prochain film produit par Luc Besson. Si tel était le cas, les caméras devaient être très bien cachées… D’ailleurs, peu ou pas d’images devraient filtrer de ce concert unique puisque les appareils photos et téléphones portables étaient interdits à l’entrée de la salle. Largement prévenus de ces dispositions, les fans avaient pour un instant remisé leur rock’n’roll attitude et faisaient, dès 20h, sagement la queue à l’entrée de la salle, une pièce d’identité dans une main et leur téléphone dans l’autre pour les déposer ostensiblement au vestiaire. «A un moment, il y avait une ambiance très retenue, presque mystique», raconte Myriam, qui a eu son billet grâce à son fils, qui travaille tout à côté du Virgin Megastore où étaient vendues les places jeudi matin.

Mais le public s’est vite réchauffé et l’ambiance a même surpris Mick Jagger, visiblement ravi, à l’inverse du guitariste Keith Richards, qui a fait un peu moins que le service minimum.

«On va vite aller télécharger leurs albums»

L’ambiance devrait être tout autre lundi soir. Les Rolling Stones donneront un nouveau concert parisien en petit comité au théâtre Mogador, cette fois devant les invités d’un fonds d’investissements et des sponsors de la mini-tournée du groupe. Jeudi, le responsable d’une marque de voitures nous vantait les mérites d’un partenariat avec le groupe: «Ils sont légendaires, un peu sulfureux et surtout ils durent. C’est ce tout qu’on demande à une voiture d’exception.» Mais celui qui était sans doute l’un des rares cravatés du soir, pondère immédiatement: «Le revers de la médaille, c’est que nous avons hélas fait plus de déçus que d’heureux avec les quelques places dont nous disposons pour lundi soir. On a reçu des centaines de demandes de nos bons clients ou partenaires. Ça va être difficile de dire non à ces gens importants.»

Un problème que n’ont pas Inès et Benoît, jeune couple qui a eu ses places un peu par hasard en passant sur les Champs Elysées au petit matin. «Honnêtement, on pensait que c’était un vieux groupe pas très intéressant mais là, on a été conquis. On va vite aller télécharger leurs albums et va essayer d’aller à leur concert à Londres.»

Joli coup pour les Rolling Stones qui, contrairement à Madonna cet été à l’Olympia, n’ont non seulement pas déçu leurs fans mais ont trouvé le moyen de s’en faire de nouveaux.