Jouer n'est pas toujours s'amuser

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Requin, un ennemi de James Bond qui figure dans le jeu « 007 Legends ».
Requin, un ennemi de James Bond qui figure dans le jeu « 007 Legends ». — activision

Si James Bond rencontre un succès critique et public au cinéma, dans le jeu vidéo, c'est plus aléatoire. « Au cinéma, l'alchimie Bond tient à un mélange d'espionnage, d'aventure et d'action, explique le journaliste spécialisé Patrick Hellio. Le jeu vidéo a du mal à reproduire ce dosage, réduisant souvent la franchise à des jeux de tir… »
Toutefois 007, exploité dès 1983 sur ordinateurs et consoles, impose au jeu vidéo le standard du First Person Shooter (FPS) avec un épisode glorieux accueilli par la Nintendo 64. En 1997, deux ans après la sortie du film, « Golden

Eye » s'était vendu à 8 millions d'exemplaires dans le monde. Devenu une référence, le titre a même fait en 2010 et 2011 l'objet de rééditions sur les consoles de nouvelle génération. Le jeu s'appuyait sur l'intrigue du film. D'ailleurs, « les jeux Bond peuvent se découper en trois genres, relève Patrick Hellio. D'abord, les adaptations de films, et ce depuis 1985 avec Dangereusement vôtre ». C'est le cas du récent « 007 Legends » (sur Xbox 360 et PS3), mix improbable de missions inspirées de cinq long métrages.
« Puis, il y a des aventures inédites, comme “Blood Stone” qui est venu pallier l'absence de Bond au cinéma il y a deux ans, poursuit le spécialiste. Enfin, il existe aussi des jeux qui utilisent les codes de la licence James Bond : l'infiltration, les gadgets… comme « No One Lives Forever » (2000) ». Mais le chef-d'œuvre vidéoludique 007, lui, reste encore à inventer.
Joël Métreau