C'est déjà la rentrée pour les livres

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Toujours plus! Avec 683 nouveaux romans en librairie pour la rentrée littéraire, la production éditoriale frôle son niveau record. Sans vraies têtes d'affiches, mais avec des dizaines de jeunes auteurs pour assurer la relève, entre crise sociale et quête d'identité.
Toujours plus! Avec 683 nouveaux romans en librairie pour la rentrée littéraire, la production éditoriale frôle son niveau record. Sans vraies têtes d'affiches, mais avec des dizaines de jeunes auteurs pour assurer la relève, entre crise sociale et quête d'identité. — Mychele Daniau AFP/Archives

Littéraire ou politique cette rentrée ? Car cette année,
l’essai préélectoral concurrence sévèrement le roman : Jack Lang n’annonce pas moins de trois livres d’ici à la fin de l’année, François Bayrou
sort une compil de ses discours et on attend les Désirs d’avenir de Ségolène Royal depuis le printemps… Nicolas Sarkozy a tiré le premier, début juillet, avec Témoignage (XOEditions), en tête des ventes avec plus de 285 000 exemplaires mis en place. Mais la fiction promet elle aussi sa déferlante pour l’automne avec 683 romans, une production superlative qui désespère les libraires. La tendance : les écrivains font face à la société. Celle d’aujourd’hui, comme Marc Weitzmann (Denoël), François Bon (Fayard), Akli Tadjer (Flammarion) ou Faïza Guène, très attendue après le succès de Kiffe kiffe demain
(Hachette Littératures). D’autres se confrontent
à l’histoire, celle du nazisme notamment, comme
Nancy Huston (Lignes de faille, Actes Sud) ou Jonathan Littell (Les Bienfaisantes, Gallimard). L’amour, la solitude et les secrets de famille restent des valeurs sûres pour de beaux romans comme L’Heure et l’Ombre de Pierre Jourde (Esprit des
Péninsules) ou L’Amant en culottes courtes, d’Alain Fleischer (Seuil). Les premiers romans ont laissé l’autofiction à Camille Laurens et Christine Angot qui n’en sont toujours pas fatiguées et s’inspirent plutôt de faits divers : la séquestration pour Max Monnehay (Corpus Christine, Albin Michel), ou la « net-réalité »
pour Sonia Muller (Un amour de Connasse, Payot).
Pas de coups de génie en perspective,mais une moisson abondante de livres à savourer.

Karine Papillaud