Raphaël: «C'est mon meilleur disque»

INTERVIEW Le chanteur sort ce lundi son sixième album, «Super Welter»...

Propos recueillis par Annabelle Laurent

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Pochette de l'album «Super Welter»
Pochette de l'album «Super Welter» — EMI France

Il y a un an et demi, Raphaël s’est pris d’une passion pour le ring: les amateurs de boxe l’auront compris au nom de son nouvel album, Super Welter, qui évoque la catégorie que lui valent pour ce sport ses 69 kilos. Poids mouche en boxe, Raphaël veut s’imposer en poids lourd de la scène française avec cet album, le troisième depuis Caravane, né d’une collaboration avec Benjamin Lebeau, du groupe The Shoes.

Enregistré dans un appart’ avec un pot-au-feu en cours, Super Welter est aussi l’album du virage électro, celui où le synthé prédomine autant dans la musique que le thème de l'amour dans les textes… Celui dont le chanteur de 36 ans est le plus content. Tellement content qu’il n’a pas l’air d’ironiser tant que ça quand il nous dit, quand nous le rencontrons dans un hôtel parisien, y voir «un chef-d’œuvre». Entretien.

Vous avez décrit «Pacific 231», votre album  précédent, comme «noir et un peu ado». Et celui-là?

Pop, synthétique, lumineux et triste. C’est bien, ça, non?

Pourquoi lumineux et triste?

Je trouve que c’est un disque joyeux, il y a des couleurs, il est marrant, il y a des trucs un peu fantaisistes, et en même temps il y a toujours un truc un peu triste, parce qu’un artiste c’est toujours un type un peu triste… Enfin je ne sais pas si je suis un artiste. Je déteste ce mot, il est galvaudé. Sur toutes les portes des loges de toutes les émissions de télé, tu vois marqué «artiste», pour des mecs qui font n’importe quoi.

Vous êtes satisfait de cet album, donc?

Je trouve que c’est un super disque. C’est un grand disque. Un chef-d’œuvre! (Rires). Pas un chef-d’œuvre, je rigole, mais je trouve que c’est mon meilleur disque. Avec Caravane. J’adore Caravane. Pour celui-là, j’ai quand même des doutes. Peut-être que dans six mois je trouverai ça nul, mais pour l’instant je suis content, alors il faut que j’en profite, c’est tellement rare d’être content de soi.

Vous glissez vers l’électro… pour fuir l’étiquette de chanteur de variété que vous a donné Caravane?

Je  suis un musicien, j’ai envie de prendre mon pied et de me marrer. Ce que j’aime chez les musiciens, c’est qu’ils sont libres, c’est un monde de fantaisie incroyable. Etre juste un chanteur de variété, ça me plairait pas.

Le succès de Caravane n’est pas du tout une pression?

Caravane c’est un disque qui a extrêmement bien marché, mais c’est rare les disques qui marchent comme ça. D’autant qu’il n’était pas formaté pour, son succès était un peu accidentel. Je n’ai aucune pression, c’est mon troisième disque depuis Caravane, et je me suis vraiment amusé à faire les deux derniers. Celui-là encore plus que le précédent d’ailleurs. L’autre, j’avais encore un peu souffert. Celui-là c’était sans aucune souffrance. J’ai fait le disque comme ça, tchac, je claque des doigts, je fais un disque.

Ça vous a pris combien de temps?

J’ai commencé à écrire en septembre et j’ai fini au mois de mai. Tout venait assez facilement, c’était que dans le plaisir. Tout est fait à la maison. T’es là, pendant que ton pot-au-feu est en train de cuire tu vas finir une voix, ensuite tu vas vérifier ton pot-au-feu. C’est génial, ça.

Vous avez dit dans une interview qu’avec cet album, vous aviez le sentiment d’être arrivé au bout de quelque chose?

Oh, pas vraiment. Ce disque est peut-être simplement le début d’un nouveau cycle, plutôt que la fin d’un cycle. Je suis musicien, je crois qu’il n’y a pas grand-chose qui me fascine autant que la musique et je suis fier de cet album, donc pourquoi j’arrêterai? J’aurai envie de commencer un nouveau disque demain!

Vous n’allez pas donner de concert pour cet album. Ça ne va pas vous manquer?
Si, ça va me manquer, parce que je l’adore ce disque. Mais j’ai fait beaucoup de concerts, des centaines et des centaines, et c’est peut-être bien de lever le pied à un certain moment, de se faire rare. C’est vrai que ça paraît bizarre: le mec fait son disque chez lui, il va plus en studio, il fait plus de concert, il y a un côté renoncement à tout. Je ne sais pas, peut-être que j’en suis là…  Ou peut-être que je renonce à ce qui ne me fait pas plaisir. Mais j’adore faire des concerts, donc je ne peux pas dire ça.

Super Welter, le titre de votre album, fait référence à la boxe. Vous êtes devenu très vite accro…
C’est comme pour n’importe quel sport, avec le jogging ce serait pareil. On a envie d’en faire, sinon on se sent mou, c’est un truc d’adrénaline. Mais je ne suis pas du tout un boxeur, je suis nul! Enfin, je suis débutant. Vous pouvez me casser la gueule.

Vous n’irez pas jusqu’à faire des compétitions?
Il faudrait que je sois stupide, un idiot complet. Suicidaire, quoi, le mec qui veut se tuer. Je ne ferai rien du tout, je veux que personne ne me tape. Je fais des cours avec un prof, moi je tape, personne ne me tape. Je fais un procès si on me tape! (Rires). J’ai rien d’un boxeur. La référence à la boxe, je trouvais ça drôle pour le titre. Pareil pour la pochette de l’album avec le chien, je la trouve drôle. Je trouve que j’ai l’air sympa.