Les galeristes traversent le périph

ART CONTEMPORAIN Deux espaces XXL ouvrent au Bourget et à Pantin, en Seine-Saint-Denis...

Benjamin Chapon

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Larry Gagosian a installé sa galerie dans un bâtiment conçu par Jean Nouvel (à gauche) et Thaddeus Ropac a investi une ancienne chaudronnerie (à droite).
Larry Gagosian a installé sa galerie dans un bâtiment conçu par Jean Nouvel (à gauche) et Thaddeus Ropac a investi une ancienne chaudronnerie (à droite). — CHARLES DUPRAT / ADAGP PARIS 2012CHARLES DUPRAT

Tout est dans le casting et le décor. Larry Gagosian (plus grand marchand d'art du monde) a demandé à Anselm Kiefer (l'artiste le plus chic et tourmenté de la décennie) d'installer ses œuvres dans sa nouvelle galerie (la douzième) conçue par Jean Nouvel (architecte des lieux où il faut être vu). Pour le décor, façon western urbain, Gagosian a choisi Le Bourget. Pas pour le charme de ses hangars, mais pour la proximité immédiate de l'aéroport préféré des hommes d'affaires.

A un jet de pierre de la piste des jets, la galerie vise un public de collectionneurs internationaux. Lesquels débarquent en nombre cette semaine pour la Foire internationale d'art contemporain (Fiac). L'un d'eux, venu de Russie, a savouré sa visite avant de retrouver la cohue du Grand Palais: «Je viens rarement à Paris, mais je me pose souvent ici pour des contrôles techniques. Cette galerie tombe à pic pour m'aider à passer le temps.» L'histoire ne dit pas s'il y craquera pour une toile à 200.000 euros comme d'autres succombent à une barre chocolatée à la station-service.

Si grand, si proche

Egalement située au-delà du périph, la nouvelle galerie de Thaddeus Ropac présente des similitudes trompeuses, notamment parce qu'elle accueille également Anselm Kiefer pour son expo inaugurale. Installée dans une ancienne chaudronnerie, elle est conçue pour accueillir les grands formats. «Dans notre galerie du Marais, nous étions limités en taille et en poids, explique Thaddeus Ropac. Ici, on peut faire ce qu'on veut. Nos artistes sont très excités par le volume et la lumière.» Lieu agréable et ouvert, la galerie Ropac de Pantin est surtout beaucoup plus accessible pour le commun des amateurs d'art qui prennent les transports… en commun. «Nous voulons accueillir le plus large public possible», insiste le galeriste. Aux trois nefs du bâtiment principal s'ajoutent un loft pour réceptions chics et un hall dédié aux projections ou au spectacle vivant. L'une des particularités de la galerie Ropac est son implication dans la vie artistique locale. Thaddeus Ropac se réjouit de collaborer avec le Centre national de la danse, la Philharmonie ou la Cité de la musique, autres institutions culturelles pointues installées dans le secteur.