Un, deux, trois... chef-d'œuvre !

benjamin Chapon

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Sophie Hunger, Frida Hyvönen et Bat for Lashes (de gauche à droite) livrent des albums très réussis.
Sophie Hunger, Frida Hyvönen et Bat for Lashes (de gauche à droite) livrent des albums très réussis. — A. REBETEZ - K. NADDERMIER - dr

Jamais deux sans trois, et jamais trois sans peine. Oui, c'est un cliché, mais le troisième album est souvent un cap essentiel dans les carrières musicales. C'est le moment où les artistes font le choix ou d'affirmer leur univers musical ou de surprendre radicalement.

Gagner en profondeur
« J'ai voulu me frotter à d'autres musiciens. Je voulais un peu m'abandonner entre les mains d'inconnus. » La chanteuse Sophie Hunger restait sur deux très beaux albums, le premier douloureusement introspectif, le second plus ouvert et joyeux. Mais avec The Danger of Light, elle franchit un palier. « Je n'ai rien changé à ma méthode de composition qui reste un travail solitaire, mais pour l'enregistrement, je suis allée aux Etats-Unis et j'ai pris un producteur. » La méthode qui a souri à Sophie Hunger est fréquente chez les artistes arrivés au cap du troisième album, qui cumule un désir de changement et la confiance d'une maison de disques qui consent à investir un peu dans l'enregistrement.
Natasha Khan, chanteuse anglo-pakistanaise qui se cache sous le pseudo Bat for Lashes, s'est, elle, payé le luxe du temps avant d'enregistrer The Haunted Man. Après une éprouvante tournée pour son second album, EMI lui a autorisé une longue retraite, sans musique. Ce qui lui a permis de livrer son plus beau disque, où elle gagne en profondeur ce qu'elle perd en bizarreries sonores.
Dernier exemple de troisième album réussi avec To The Soul de Frida Hyvönen. Pas de révolution de méthode pour la Suédoise mais un acharnement, qui paye, à tricoter des pièces de pop sombre sophistiquée.