Zombie et superhéros, ça vole très haut

Joël Métreau

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« Walking Dead » reprend aux Etats-Unis dès le 14 octobre.Thor est un homme comme les autres sans son marteau.
« Walking Dead » reprend aux Etats-Unis dès le 14 octobre.Thor est un homme comme les autres sans son marteau. — AMCPARAMOUNT

Ils n'ont jamais écrit sur les zombies ou les superhéros. Mais certains philosophes auraient pu. Explications avec Simon Merle, auteur de Super-héros & philo (Bréal, 18 €) et Maxime Coulombe, de Petite philosophie du zombie (PUF, 13 €).

Le sublime. Les invasions de zombies se dégustent surtout au cinéma. « L'apocalypse est une figure du sublime, explique Maxime Coloumbe. Emmmanuel Kant va s'intéresser au tremblement de terre de Lisbonne (1755), dans son écriture de la Critique de la faculté de juger. Le sublime, c'est de voir un événement qui nous stupéfie et dépasse l'imagination, mais qu'on va observer dans une situation de sécurité. Comme une salle de cinéma dans laquelle on peut apprécier la destruction de l'humanité par les zombies. »
Le devenir minoritaire. Le zombie en mange, mais lui n'a pas de cervelle, encore moins d'identité. « Dans Mille plateaux, Gilles Deleuze évoque le concept de devenir minoritaire : retrouver ce qui nous appartient en propre, fait de nous des individus uniques. Le zombie, c'est tout l'inverse », note Coloumbe.
Le ressentiment. Il n'y a pas que le surhomme chez Nietzsche, il y a aussi le zombie, « avec la figure du ressentiment. Le zombie, c'est le sujet qui revient comme une sorte de revanche un peu gauche », remarque Coloumbe.
L'égalité naturelle. D'ailleurs, il faut ne pas confondre surhommes et superhéros. « Il existe un préjugé sur les superhéros, pour Simon Merle. On pense qu'ils sont invincibles et au-delà de la condition humaine. Mais ils ont des faiblesses, comme Thor sans son marteau. C'est le concept d'égalité naturelle de Hobbes dans Léviathan. Malgré la différence de puissance, devant la mort, on est tous égaux. »
L'éthique de la technologie. Superpouvoirs, grandes responsabilités. « Des catastrophes technologiques sont engendrées par les supervilains, note Simon Merle. Ce qui pose la question de la valeur d'une technologie. On est dans un progrès qu'on n'arrête pas, on n'a pas le temps de réfléchir. Ce type de réflexion se retrouve chez des philosophes allemands du XXe siècle : Jonas, Habermas, Heidegger… »