Vous ne connaissez pas le groupe, mais vous connaissez la pub

RECLAME Les publicitaires piochent dans le rock indé pour leurs synchros...

Benjamin Chapon

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Outre des forfaits, l'agence DDB a aussi vendu le disque d'Electric Guest.
Outre des forfaits, l'agence DDB a aussi vendu le disque d'Electric Guest. — CAPTURE D'ECRAN/20MINUTES.FR

«Le soufflé est retombé, mais il reste de bonnes parts du gâteau à se partager.» La métaphore, confiée «off» par un patron de label, évoque le phénomène censé sauver l'industrie du disque: la synchro. A savoir, la musique utilisée dans des pubs. Il y a deux ans, la synchro Izia-Petit Bateau (avec un défilement de photos de la chanteuse de 0 à 20 ans) a fait baver bien des directeurs artistiques.

SFR tente en ce moment le même coup avec Mai Lan, où l'on suit vingt ans de rapports téléphoniques entre un père souvent absent et sa fille, Mai Lan, donc, qui devient chanteuse.

«Depuis quelques années, les marques préfèrent miser sur des artistes en développement ou des groupes de rock indés et branchés», nous explique le chef d'une agence préférant rester anonyme. La plupart des publicitaires répugnent en effet à dévoiler leurs recettes (qu'ils croient uniques). On a un scoop: ils piochent tous dans le même sac. Bon nombre d'entre eux ont cité les mêmes disques du moment. Depuis un an, le groupe Electric Guest est ainsi très sollicité. Vous ne connaissez pas le groupe mais sûrement la musique qui a servi à la pub Bouygues Telecom où une maman appelle ses ados pour qu'ils viennent manger.

Connue d'un petit cercle influent, voilà la musique recherchée par les publicitaires. Gonzales, dont un morceau est matraqué par une banque en ligne, commence à connaître la musique : «J'ai eu des morceaux en synchro pour Sodebo et Apple. L'une des deux m'a apporté du public, l'autre de l'argent. Mais c'est très bien si la pub peut populariser la musique indé.»

Grizzly Bear, qui doit beaucoup à une pub Peugeot, est plus prudent : «C'est bien, mais on ne peut pas penser à ça en composant, ce serait stupide. On pense en termes d'albums, de cohérence d'une œuvre.»

Electro, c'est trop

Principal vivier musical pour la musique de pub: l'électro. Et dans ce domaine, les Français sont bien servis. Impossible d'échapper en ce moment à deux gros abonnés des synchros: «Down the Road» de C2C (pour Google Chrome) et «Tetra» de SebastiAn (pour Citroën).