« J'ai déjà joui en partageant ces chansons »

Propos recueillis par Benjamin Chapon

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Mathieu Boogaerts s'est également aménagé un studio dans une cave parisienne coquette.
Mathieu Boogaerts s'est également aménagé un studio dans une cave parisienne coquette. — T. MONTAMAT

Après presque deux ans à jouer chaque semaine à la Java, Mathieu Boogaerts sort un très bel album éponyme.

Comment est né cet album ?
En 2009, j'ai commencé à jouer à la Java. Ce n'était pas du tout prévu, mais comme ça marchait, j'ai joué toute l'année un pot-pourri de mon répertoire. Je me suis éclaté dans ce plus simple appareil. Puis j'ai pris un an pour écrire des chansons et construire mon studio. Quand les chansons ont été finies, je me suis dit : “J'ai un public, une salle et un répertoire”. Alors j'ai recommencé les concerts à la Java. C'était vraiment premier degré, pour le plaisir de jouer ces chansons. C'était très épanouissant et je me dis que le disque est presque secondaire aujourd'hui. J'ai déjà joui en partageant ces chansons, donc je suis assez serein.
Quel impact cela a-t-il eu sur l'enregistrement ?
J'étais plus investi. Ces chansons étaient vraiment dans mon corps. J'avais un supplément de foi et de confiance en elles.
Et vous avez pu sélectionner les chansons qui plaisaient le plus au public.
Oui, un peu. Même s'il n'y avait pas un applaudimètre à chaque chanson, non plus.
L'expérience Java a-t-elle modifié votre écriture ?
Ça l'a un peu conditionnée, parce que je me suis rendu compte que j'étais à l'aise sur les chansons que je présumais être compréhensives et simples. Avec celles trop poétiques ou trop libres dans leurs images, j'avais peur que les gens ne comprennent pas et, du coup, je ne les chantais pas bien. J'ai aussi voulu que l'album garde ce côté réaliste et simple des concerts dans sa réalisation. L'essentiel a été fait à trois musiciens, en deux jours d'enregistrement.
Faire des fautes

de grammaires est l'une de vos marques de fabrique…
Je prends cette liberté quand j'estime que faire une faute de français épouse le propos et le ton de la chanson. J'assume ça, ce français à moi qui me vient naturellement.