« Un œil sur la planète » tourne rond depuis dix ans

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Une émission spécial Qatar.
Une émission spécial Qatar. — France 2

Belles images, exotisme lointain, l'international a tout pour être télégénique. Pourtant, il y a dix ans Patrick Boitet fait le constat du « manque criant d'international dans les émissions d'information, alors même que le 11-Septembre avait retenti comme un coup de tonnerre et bouleversé les rapports géopolitiques ». Il décide alors avec Thierry Thuillier – désormais patron de l'info de France Télévisions – de créer « Un œil sur la planète ». L'émission de France 2 fête ses dix ans ce lundi avec une soirée consacrée au Qatar. Elle fonctionne soit par focus sur un pays, soit avec un thème transversal. « A chaque fois, ce qu'on cherche c'est l'effet miroir qui renvoie à la situation en France », note Patrick Boitet. Exemples : une émission sur le triple A avec reportages en Suède et au Canada, qui avaient perdu le leur et l'ont retrouvé au bout de dix ans, et enquêtes aux Pays-Bas et en Allemagne, qui se battent pour le garder à coups de réformes.
« Il n'y a pas un Français qui ait compris à quel point tout était interconnecté. A cet égard le titre de l'émission de Canal+ “L'effet papillon” est très parlant. » Un bon point donc pour la télé qui fait plus d'international ? « Il y a quand même assez peu d'informations délivrées, ce qui fait qu'on vit dans notre pays de manière très éloignée de certaines réalités, note Boitet. Il y a toujours plus d'émissions culinaires, patrimoniales ou de faits divers que d'émission sur l'international ! »Alice Coffin