Lescop et le fantôme de la new wave

benjamin Chapon

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A. Carlier

Il adule Etienne Daho et Taxi Girl, il compose pour Indochine… Lescop est l'héritier de la pop à la française des années 1980. Pour son premier album solo (il est par ailleurs chanteur du groupe rock Asyl), Lescop emprunte à l'esthétique cold wave. Décryptage.

1Le geste et l'esprit. En regardant dans sa main comme dans un miroir, Lescop nous dit : « Je n'ai qu'une influence : moi-même. Mais je suis flatté qu'on me compare à Daho et à cette scène. Il y avait un côté populaire et classe à la fois. A cette époque, on pouvait entendre des choses très profondes et très tristes à la radio. Ce n'est plus possible aujourd'hui. »
2Le profil spectral. Dans ses clips ou sur scène, Lescop en impose avec sa tronche. Ici taillé à la serpe, son profil cache une tête bien faite capable de pondre des textes intellos et dansants. « J'écris en français parce que c'est ma langue. Je ne comprends pas que ce ne soit pas une évidence pour tout le monde. »
3Le contre-jour d'outre-tombe. De ses rimes saillantes à ses rythmes heurtés, Lescop aime le contraste. « Ça s'est imposé parce qu'on voulait une formule à la fois directe et facile à transposer sur scène. » Le synthé, en tournée, c'est plus commode que le bombardon.
4La fumée ectoplasmique. Le jeune homme a pris son temps avant de sortir ce premier album qui porte son nom. Les cyniques pourraient croire à une stratégie marketing vicieuse. « On voulait juste produire tout notre contenu et le livrer tel quel à une maison de disques pour qu'elle ne puisse pas interférer. Il fallait aussi qu'on soit prêt à faire de la scène et à livrer des clips. »