La fée Elektricity s'est installée en Champagne

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Le prince pop Sébastien Tellier au pied de la cathédrale des rois, vendredi.
Le prince pop Sébastien Tellier au pied de la cathédrale des rois, vendredi. — B. CHAPON/20 MINUTES

Daft Punk serait bien inspiré de quitter Los Angeles pour Reims. A l'instar de son Versailles natal dans les années 1990, la cité champenoise est aujourd'hui l'épicentre de l'électro française. Comme un symbole, samedi soir, Yuksek et Brodinski ont remplacé à la volée SebastiAn, tête d'affiche portée pâle du festival Elektricity. Au pied de leur cathédrale, les Rémois ont ainsi vibré aux beats des enfants du pays pour la clôture d'un festival qui fêtait sa 10e édition. La veille, Yuksek, qui a créé le festival en 2002, expliquait qu'il s'était volontairement mis en retrait cette année, ne donnant qu'un concert, vendredi, dans l'exigu mais splendide Palais du Tau. Pour la petite histoire, c'est là que les rois de France passaient la nuit précédant leur sacre.

En courant continu
Outre ses princes de l'électro, Reims peut compter sur une génération dorée qui balaie le champ musical actuel de la pop au folk. En témoigne le succès du duo The Shoes ou de The Bewitched Hands (voir encadré) et en attendant celui des John Grape. Ces derniers ont récemment pu profiter des studios high-tech du Césaré, seul Centre national de création musicale qui soit adossé à un Master en composition musicale. Son directeur, Philippe Le Goff, y accueille « toute sorte d'expérimentateurs sonores », de la musique concrète contemporaine au folk des John Grape, donc.
Si on y ajoute La Cartonnerie, salle rock à la programmation maline (Woodkid y a rôdé le show qui a fait causer le tout-Paris la semaine dernière), et une municipalité accueillante, les artistes rémois devraient faire parler d'eux pour un bon bout de temps. Avec Elektricity pour rendez-vous annuel. « Montrer de jeunes artistes rémois fait partie du cahier des charges, explique le programmateur Guilhem Simbille, qui a, cette année, misé sur About The Girl. Le festival a grossi grâce à la génération de Yuksek et The Shoes. Aujourd'hui, la ville, que ce soit la mairie ou la population, est devenue un peu experte en électro. » Et contrairement à Versailles, Reims ne voit pas ses artistes quitter le nid. Daft Punk n'a plus qu'à s'y dégotter un studio.

après les mains, la tête et tout le corps hantés

The Bewitched Hands ont profité de leur concert rémois, vendredi soirsur le parvis de la cathédrale, pour présenter de fort belle manière leur phénoménal second album, Vampiric Way. Accompagné d'une chorale pop de huit mystérieux moines, le sextet a interprété ses tubes enthousiastes.