VIDEO. Oscars 2018: Deuxième statuette pour le Français Alexandre Desplat, roi des musiques hollywoodiennes

CINEMA L’auteur de la bande originale de « La Forme de l’eau » avait déjà été récompensé pour « The Grand Budapest Hotel » de Wes Anderson.​..

M.C. avec AFP
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Le compositeur français Alexandre Desplat remporte le deuxième oscar de sa carrière pour la bande originale de «La Forme de l'eau», le 4 mars 2018.
Le compositeur français Alexandre Desplat remporte le deuxième oscar de sa carrière pour la bande originale de «La Forme de l'eau», le 4 mars 2018. — KEVIN WINTER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le compositeur Alexandre Desplat a décroché dimanche son deuxième oscar pour la bande originale de La Forme de l’eau, la romance fantastique de Guillermo del Toro, confirmant sa place aux côtés de musiciens français mythiques comme Georges Delerue, Maurice Jarre ou Michel Legrand.

« Guillermo, merci d’avoir laissé la musique être la voix de tes personnages pour transmettre la belle mélancolie de l’amour », a-t-il déclaré sur la scène du Dolby Theater en recevant sa statuette. La bande originale de La Forme de l’eau lui a déjà valu un Golden Globe.

« Il est très difficile de convaincre des metteurs en scène américains de faire appel à vous, ils ont leur réseau et la pression est énorme », avait raconté ce parisien de 56 ans qui avait reçu sa première statuette il y a trois ans pour The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.


Bafta, Grammy et césars sur l’étagère

Il est aujourd’hui l’une des valeurs sures de Hollywood, avec ses rivaux habituels Hans Zimmer (oscarisé en 1995 pour Le Roi lion) qui était, lui, nommé dimanche dans Dunkerque, ou le légendaire John Williams (5 statuettes au compteur), en lice pour le dernier Star Wars.


Parmi les Français les plus décorés aux Oscars, Desplat reste dépassé par Michel Legrand, lauréat de trois oscars, dont L’Affaire Thomas Crown, et Maurice Jarre, trois fois oscarisé aussi, notamment pour Lawrence d’Arabie. Il a en revanche fait mieux que George Delerue, lauréat d’une statuette pour I love you, je t’aime.

Desplat a déjà une collection de trophées bien fournie, du Bafta aux Grammys Awards en passant par trois césars en 2006, 2011 et 2013 pour De battre mon cœur s’est arrêté, The Ghost Writer et De rouille et d’os.

Auteur de plus d’une centaine de bandes originales

Très française jusqu’au début des années 2000, la carrière du maestro à la longue stature et à l’allure de dandy s’internationalise lorsqu’arrivent les premières propositions d’outre-Atlantique, La Jeune Fille à la perle de Peter Webber en 2003, puis Birth de Jonathan Glazer, sorti l’année suivante.

C’est le déclic. « Les gens appelaient et réclamaient la personne qui avait composé la musique de Birth », se souvient Laura Engel, son agent. Dès lors, les projets d’envergure s’enchaînent, avec les plus grands cinéastes, Fincher, Polanski, Frears, Besson, de multiples collaborations avec Wes Anderson ou George Clooney, avec lequel il a travaillé à trois reprises pour Les Marches du pouvoir (2011), Monuments Men (2014) et Bienvenue à Suburbicon (2017).

Il est l’auteur de plus d’une centaine de bandes originales dont le dernier opus de la saga des Harry Potter, un des temps forts de sa carrière. « Etre devant cent musiciens au pupitre tous les jours, debout pendant neuf heures, avec le staff de la Warner et des producteurs en cabine qui attendent que vous les surpreniez, c’est beaucoup de pression », se souvient-il. « A chaque film, je fais une proposition stylistique différente, parfois même avec un metteur en scène avec lequel j’ai déjà travaillé », explique le compositeur.

Membre du jury à Cannes et président de celui de la Mostra de Venise

Né en 1961 d’un père français fan de la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum et d’une mère grecque qui fêtait ses 90 ans dimanche, Alexandre Desplat a baigné dès l’enfance « dans un tourbillon musical », du jazz à la bossa nova en passant par les musiques grecque et arabe.

« J’ai pris beaucoup de temps à me construire et à savoir quel était mon univers, j’avais tellement d’influences qu’il a fallu que je les synthétise », note le musicien. Il raconte aussi sa passion pour le cinéma, « presque aussi forte que pour la musique » et qui fait de lui un cinéphile reconnu dans le monde du septième art.

C’est à ce titre qu’il fut membre du jury du festival de Cannes en 2010 et président de celui de la Mostra de Venise l’an passé, une première pour un musicien. Pour lui, la musique à l’écran « a deux rôles primordiaux : la fonction et la fiction. La fonction, c’est la vitesse, le rythme ; la fiction, c’est ce qui crée un univers qui n’est pas dans le film mais autour du film. C’est cet équilibre qui m’intéresse ».