Kevin Spacey : «Bryan Singer a toujours tenu sa parole»

©2006 20 minutes
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Interview de Kevin Spacey, acteur.

Qu'est-ce qui vous a séduit chez Lex Luthor, votre personnage ?

C'est un vrai méchant de BD, ce qui m'a permis d'en faire des tonnes sans que personne n'y trouve rien à redire ! Bryan Singer lui a donné un côté revanchard, intéressant à composer. Et ensemble, on a essayé de le rendre plus fascinant qu'inquiétant.

Pas trop traumatisant le crâne rasé ?

Je l'avais déjà fait sur Seven et je savais que mes cheveux repousseraient. Alors non, ça ne m'a pas angoissé. Ça donne même une certaine impression de liberté. On se sent tout léger !

Jouer dans une telle superproduction change-t-il quelque chose ?

Je n'avais pas beaucoup de scènes d'effets spéciaux, alors ça n'a pas changé grand-chose pour mon travail d'acteur. En revanche, mon sang de réalisateur n'a fait qu'un tour en découvrant l'ampleur des plateaux : j'aurais pu produire plusieurs films avec le prix d'un seul décor !

Ne deviez-vous pas déjà jouer Luthor pour Tim Burton ?

Il m'en avait effectivement parlé, mais je n'ai jamais vu arriver de scénario. Quand j'étais un acteur inconnu, c'était la même chose : on me promettait de m'écrire des scripts sur mesure dont je ne voyais jamais la couleur. Le seul à avoir toujours tenu sa parole est Bryan Singer.

Vos oscars pour Usual Suspects puis American Beauty vous ont-ils changé ?

Pas à titre personnel, mais ils ont modifié mon image auprès des professionnels. Maintenant, je reçois de mauvais scénarios de superproductions et plus seulement de films indépendants !

C'est pour ça qu'on vous voit si peu ?

C'est surtout parce que je dirige l'Old Vic, à Londres. Il faut que je sois très motivé pour faire des infidélités au théâtre. Cela dit, je n'ai pas d'ego, si une histoire me plaît, j'accepte le rôle même si je sais que quinze autres acteurs l'ont refusé avant moi.

Recueilli par Caroline Vié