Guédiguian à la recherche de ses racines en Arménie

©2006 20 minutes

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Le Voyage en Arménie, c'est celui qu'effectue une cardiologue marseillaise à la recherche de son père, résolu à mourir sur la terre de ses ancêtres. Actrice principale et égérie du cinéaste d'origine arménienne, Ariane Ascaride a épaulé Robert Guédiguian pour écrire cette réflexion sur la quête identitaire d'un personnage qui refuse le poids de ses origines. « Au fond, j'ai l'impression que les Arméniens nous ont commandé ce film », plaisante le réalisateur du Promeneur du Champ- de-Mars, qui s'est entouré de ses fidèles pour ce film très personnel.

Jean-Pierre Darroussin en mari compréhensif, Gérard Meylan en ancien militaire fascinant et Jalil Lespert en médecin dévoué livrent des prestations nuancées. De nouveaux venus comme Simon Abkarian, homme d'affaires inquiétant, et Chorik Grigorian, adolescente paumée sont aussi convaincants pour brosser un tableau contrasté d'une Arménie déchirée entre tradition et modernité. Suivant pas à pas l'initiation d'une scientifique réfractaire à l'idée de déterrer ses racines et qui se laisse progressivement envoûter, Guédiguian veut trop montrer les paysages et les coutumes arméniennes. Les intermèdes culturels nuisent au rythme fragile d'une oeuvre dont la sincérité prend par surprise. La description des relations humaines, bouleversante de justesse, notamment dans les scènes de face-à-face entre l'héroïne et son père, en dit plus long sur le poids du passé et l'Arménie que des visites guidées trop didactiques.

Caroline Vié