Rencontre avec Frank Henenlotter: Panier garni au système D

©2006 20 minutes

— 

« Dire que nous n'avions pas d'argent c'est un euphémisme », plaisante Frank Henenlotter, dans les commentaires de Basket Case. Le réalisateur a usé d'une débrouillardise incroyable pour donner vie à ce bijou du cinéma d'horreur.

Basket Case suit le périple de deux frères siamois qui veulent se venger des médecins qui les ont séparés.

Entre humour très noir et gore très rouge, Henenlotter clame son amour pour le New York pittoresque du début des années 1980. Pour économiser, le réalisateur passait d'un poste à l'autre, du cadre à la confection de décors et d'effets spéciaux. Ce roi du système D a ensuite caviardé le générique de faux noms pour simuler une équipe pléthorique. « Il faut s'être traîné sur le sol des toilettes d'un cinéma porno en essayant de faire bouger une poupée en latex pour savoir ce que c'est que de souffrir pour son art », s'amuse Henenlotter qui prépare un nouveau film d'épouvante, Sick in the Head (Malade dans sa tête) après quatorze ans loin des plateaux.

C. V.

Basket Case, 1 DVD, Bac Films, 15 e.

Frank Henenlotter travaillait dans la pub quand le producteur Edgar Levins l'a convaincu, en 1982, de réaliser de Basket Case . « Nous ne pensions pas que ce film au budget de misère ferait un tel carton. Surtout avec des moyens empiriques, d'avant l'ère numérique », explique Levins. La drôlerie et l'étrangeté Basket Case ont pourtant conquis les fans d'épouvante jusqu'à avoir deux suites, en 1990 et1992.