L'ex-Robin a plus d'une flèche à son arc

©2006 20 minutes

— 

Il n'avait jamais mis les pieds dans une colonie de vacances. « Ce que j'ai découvert en tournant Nos jours heureux ne m'a pas donné de regret ! Quel boxon ! » L'oeil bleu qui frise et la plaisanterie aux lèvres, Jean-Paul Rouve retrouve son sérieux quand on assimile la troupe des Robins des Bois à une « colo ». « Ça m'agace quand les gens disent ça parce qu'on bossait comme des tarés, ce qui laissait peu de place à la franche déconnade. » Derrière le délire de la troupe de comiques qui l'a lancé, Rouve décrit un processus créatif d'autant plus rigoureux qu'ils devaient innover presque chaque soir. « C'était une école formidable car cela m'a donné un instinct qui me permet de réagir au quart de tour. Cela m'est très utile, même au cinéma. »

Le grand écran, Jean-Paul Rouve s'y est imposé en remportant le césar du meilleur second rôle dans Monsieur Batignole, de Gérard Jugnot, où il jouait un collabo. « C'était, bien entendu, un rôle de composition, mais celui de directeur de centre de vacances de Nos jours heureux l'est tout autant ! Cela ne m'intéresserait pas de jouer quelqu'un qui me ressemble. » Rouve, 39 printemps, multiplie donc les personnages hauts en couleur, du shérif de Qui a tué Pamela Rose ? avec Kad et Olivier au faux Polnareff, complice de Benoît Poelvoorde dans Podium. « J'obtiens rarement mes rôles par copinage, ce n'est qu'après avoir travaillé avec eux que je deviens pote avec les acteurs et les réalisateurs. » C'est heureux, car Jean-Paul Rouve ne vit que pour son métier. « Je sais que je vais passer pour un triste sire, mais à vrai dire, rien d'autre ne m'intéresse. Je n'ai pas de hobby, ni de sport favori. » Et les vacances ? « Je n'aime pas ça, je m'emmerde au bout de deux jours. Je ne supporte que les mégapoles comme New York. » Son été sera donc studieux, à peaufiner le scénario d'un film qu'il aimerait mettre en scène. Quant à un éventuel retour des Robins des Bois, il ne dit pas non : « Dans vingt ans, on fera peut-être les Robins, amis pour la vie ! »

Caroline Vié

Les nerfs de Jean-Paul Rouve sont mis à rude épreuve dans Nos jours heureux. Eric Toledano et Olivier Nakache l'envoient diriger une colonie de vacances dans cette comédie aux accents nostalgiques. Moniteurs agités et adolescents frappés sont le pain quotidien de ce brave garçon qui tente de faire régner un semblant d'ordre dans le chaos. Les réalisateurs de Je préfère qu'on reste amis maîtrisent bien leur sujet et livrent un divertissement aux saveurs estivales bourré de détails qui sonnent juste.