Matthias Schoenaerts: «Les extraits de "De rouille et d'os" que j'ai pu entrevoir m'ont mis les larmes aux yeux»

INTERVIEW Découvert dans «Bullhead» qui a été cité à l'Oscar du meilleur film étranger cette année, le flamand Matthias Schoenaerts a raconté à «20 Minutes» son expérience sur «De rouille et d'os», superbe film de Jacques Audiard présenté ce jeudi en compétition au Festival de Cannes...

Propos recueillis par Caroline Vié
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Matthias Schoenaerts dans le film «De rouille et d'os» de Jacques Audiard.
Matthias Schoenaerts dans le film «De rouille et d'os» de Jacques Audiard. — UGC Distribution

Comment avez-vous perçu Jacques Audiard la première fois que vous l’avez rencontré? 

J’ai d’abord été dans mes petits souliers car je suis fan de son travail depuis des années! Je trouve ses films à la fois très bruts et d’une grande finesse. Le plus drôle est que ma timidité s’est envolée dès que nous avons commencé à travailler ensemble. Quelque chose de naturel et de profond s’est installé dans nos rapports.

Vous êtes-vous préparé pour le rôle?

J’ai suivi un entraînement physique de boxe et de musculation. J’ai aussi mangé beaucoup de cochonneries pour prendre du ventre. Jacques souhaitait que mon personnage dégage une certaine puissance mais aussi que son corps soit un peu malsain pour qu’on comprenne qu’il s’agit de quelqu’un qui n’a pas les moyens de se nourrir correctement.

Qui est votre personnage?

C’est un type franc, sans arrière-pensée. Il dit ce qu’il pense mais il ne dispose pas des mots nécessaires pour exprimer ce qu’il y a de meilleur en lui. J’ai essayé de lui communiquer une certaine forme de charme afin qu’on puisse accepter qu’une belle fille comme Marion Cotillard puisse tomber amoureuse de lui. Il est capable d’aimer, mais a du mal à le montrer ce qui est perceptible dans sa relation avec son jeune fils.

Avez-vous déjà prévu une place pour un éventuel Prix d’interprétation cannois?

Je ne veux pas penser à ça! Pour l’instant, j’ai juste envie de découvrir le film pour la première fois à Cannes. Jusqu’à maintenant, je n’en ai vu que des bribes et j’attends avec impatience de ressentir les émotions du public dans une salle qu’on m’a décrite comme magnifique.

Parvenez-vous à être ému par les films dans lesquels vous jouez?

Cela m’est arrivé pour la première fois avec Bullhead qui m’a donné une vraie claque! Je m’attends à la même chose devant De rouille et d’os car les extraits que j’ai pu entrevoir m’ont mis les larmes aux yeux.

Qu’espérez-vous du Festival?

D’y pendre du plaisir sans me laisser tourner la tête. C’est important de profiter des choses puis de savoir revenir à la simplicité.