Chronique d'un retour impossible au pays

©2006 20 minutes

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Le cinéaste franco-algérien Rabah Ameur-Zaïmeche dénonce "le manque de liberté des femmes algériennes" dans "Bled number one", une "lettre d'amour adressée à l'Algérie" qui porte un regard lucide sur l'Algérie d'aujourd'hui et d'hier.
Le cinéaste franco-algérien Rabah Ameur-Zaïmeche dénonce "le manque de liberté des femmes algériennes" dans "Bled number one", une "lettre d'amour adressée à l'Algérie" qui porte un regard lucide sur l'Algérie d'aujourd'hui et d'hier. — Pascal Guyot AFP

Le voyage au pays d'un Algérien expulsé de France après avoir purgé une peine de prison ne condamne pas seulement le principe de la double peine. Dans Bled Number One, qui fait suite à Wesh Wesh qu'est-ce qui se passe ? Rabah Ameur-Zaimeuche, également interprète principal de son film, dévoile la vie quotidienne d'un village avec une lucidité qui exclut toute complaisance. Mais qui prend soin de mettre en relief des personnages bien croqués : la femme battue par son mari (campé par Ramzy, parfait dans un contre-emploi de brute), le groupuscule islamiste intégriste ou les petits trafiquants sont vus avec les yeux d'un délinquant repenti, étranger dans son propre pays reprenant contact malgré lui avec ses origines. Le spectateur l'accompagne au fil de ses émerveillements provisoires et de sa désillusion profonde dans des paysages d'une beauté à couper le souffle. Bled Number One ne fait de cadeau ni à son héros, ni au public pour montrer un impossible retour aux sources.

Caroline Vié