DVD: frissons gore à l'italienne

©2006 20 minutes

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« Je n'en reviens pas que Quentin Tarantino m'ait avoué avoir utilisé mes films pour affiner les siens », avoue modestement Sergio Martino dans les suppléments de La Queue du scorpion (1971). Ce thriller reprend les codes du « giallo » (jaune en italien), polars transalpins ultra-violents des années 1960-1970. Un maniaque vêtu de noir y fait montre d'une imagination débordante pour liquider ses victimes autour d'une riche veuve dans un festival d'effets gore et de frissons bien dosés. Les « gialli » tiraient leurs noms de la couleur éclatante des couvertures des romans policiers sexy et brutaux qui les ont inspirés. « On aimait les titres intrigants comme La Queue du Scorpion, même si c'est sans rapport avec le film, s'amuse Martino. L'idée était de stimuler l'imagination en instaurant une atmosphère mystérieuse avant même que le spectateur n'entre dans la salle. »

Le titre du film de Duccio Tessari, qui lance aussi cette collection dédiée au « giallo », est moins original. L'Homme sans mémoire (1974) conte, en effet, les aventures d'un amnésique au passé chargé.

Caroline Vié

Neo Publishing, 20 e chaque film.

Mario Bava (La fille qui en savait trop, 1963), puis Dario Argento (L'Oiseau au plumage de cristal, 1970) sont les deux cinéastes cultes du « giallo ». Caméra subjective adoptant le point de vue de l'assassin, victimes traquées, crimes sadiques et zooms à outrance font partie du style de ce genre. « On était une génération “zoomeuse”, avoue Sergio Martino car la technique était assez nouvelle et bon marché. »