«Possessions»: Le crime paye...et plaît au cinéma

FAITS-DIVERS Eric Guirado s'est inspiré de l'affaire Flactif pour son film...

Caroline Vié

— 

Julie Depardieu et Alexandra Lamy, deux femmes apparemment amies.
Julie Depardieu et Alexandra Lamy, deux femmes apparemment amies. — T. OZIL / UGC

Pas besoin de traverser l'Atlantique pour dénicher des faits divers suffisamment spectaculaires pour devenir des longs métrages. Récemment, les réalisateurs français s'en sont donné à cœur joie pour revenir sur des affaires qui ont défrayé la chronique judiciaire. Avec son affiche impressionnante, Possessions d'Eric Guirado pourrait laisser penser qu'on a affaire à un film d'horreur dans la lignée de Saw ou de Paranormal Activity. Le réalisateur du Fils de l'épicier a, en fait, puisé son inspiration dans une réalité qui dépasse toutes les horreurs fictives, l'affaire Flactif ou le massacre d'un promoteur immobilier et de sa famille survenu en 2003.

Un effet catharsis

Depuis L'Affaire Dominici (Claude Bernard-Aubert, 1973) où Jean Gabin campait un fermier taciturne accusé d'un triple meurtre, les acteurs adorent se glisser dans la peau de prévenus célèbres. Récemment, Philippe Torreton a livré l'une de ses meilleures performances en devenant Alain Marécaux, huissier injustement soupçonné de pédophilie à Outreau pour Présumé coupable de Vincent Garenq. Sa composition lui a valu d'être nommé aux Césars, ce qui est également le cas pour Sami Bouajila, épatant en jardinier faux coupable dans Omar m'a tuer de Roschdy Zem.

«Les grandes affaires criminelles font de bons films parce qu'elles réveillent les tendances morbides du public et permettent aux acteurs de recréer des psychologies complexes», explique Stéphane Bourgoin, spécialiste des tueurs en série. Avec Possessions, Jérémie Renier prend dignement sa place dans une belle lignée de criminels du 7e art pour ce qu'Eric Guirado décrit comme une analyse «des rouages de la convoitise, de l'engrenage de l'envie».

La bande annonce: